Commentaires suite à la réunion du 26 février 2019

Utilité d'un traitement médical

       
Rarement, nous avons vu des avis aussi opposés mais cela a donné du pigment au groupe de parole. Il se révèle trois avis principaux :

A.G. est contre le traitement au long terme
B.G. affirme que c'est l'intoxication aux médicaments qui l'a amenée à l'alcool.
C.G. affirme avoir été prise pour un cobaye.

 
       
  Reprenons les argumentaires présentés    
  A.G. B.G. C.G.
  Pas de projet initial. J'ai été hospitalisé dans le coma.
La cure a été acceptée après le réveil.
Mon projet, en arrivant à la Croix Bleue, arrêter l'alcool. Mon projet initial était de modérer.
Des médicaments, il y en a eu de prescrits à la sortie de la cure.

Antidépresseurs, anxiolytiques et vitamines.
Je déprime toujours et décision (jugée sotte), j'arrete tout les médicaments. Je préviens le médecin trois semaines après cette décision.
Ce dernier après une colère, se rend à l'évidence. cela ne sert à rien de reprendre.

Je ne déprime pas et malgré les difficultés, j'ai toujours maintenu le cap.

Aujourd'hui plus de souci. Pas d'envie, pas de consommation et une vie normale avec des hauts et des bas comme tout le monde mais les décisions c'est moi qui les prend en toute liberté.

Un seul médicament lorsque je ne dors pas avec les soucis.
J'ai appris que dormir était un élément essentiel pour conserver un bon équilibre mental.

J'ai commencé par les médicaments. Valium et antidépresseur pour des raisons que je garde pour moi.

L'alcool s'est ajouté pour des raisons simples. Cela ajoute un effet sédatif aux médocs.

Le "hic" : je suis dépendant aux deux maintenant.

Mon parcours est en dent de scie.
Alcool+médicaments, cure alcoolique, médicaments puis reprise des consommations d'alcool.
A chaque fois cela devient encore plus sérieux et j'en perds de plus en plus.
Actuellement j'ai repris les rênes.

(note du rédacteur : quatrième fois depuis 14 ans)

Je repars comme les autres fois mais j'ai maintenant des doutes sur les conséquences neurologiques.

J'ai essayé d'arrêter mais n'y suis pas parvenu malgré une période de 2 ans et demi d'abstinence.
Finalement, j'ai fait une cure dans un centre où j'ai choisi la dérision mais n'ai pas réfléchi à mon problème.
J'ai rechuté dès la sortie. Psychiatre dès la sortie, j'ai été mis sous traitement médicamenteux.
Essai du Baclofène : échec et dépendance à ce produit.
Selincro : échec
Tout ceci avec du seroplex.
Comme je voyais un généraliste spécialisé, j'avoue que je cumulais les deux traitements.
Obligée d'être hospitalisée, il me semble aller mieux mais finalement, je tourne en rond.
Dernièrement, me retrouvant seul, j'ai dérivé et me suis retrouvé encore hospitalisé.

Je me sens perdu et ai surtout une grande peur : je m'aperçois que mes pensées ne sont plus aussi cohérentes. J'ai aussi des idées morbides. La vie ne m'intéresse guère car j'ai l'impression d'avoir une vie de "merde"..
De l'argent, j'en ai, mais pas d'affection dans le ménage, plus de famille, pas de projets autres que de vivre au jour le jour.

 
Dernièrement en faisant le point avec un nouveau psychologue, l'annonce a été difficile à accepter. Pourquoi un nouveau :
Mon premier psychiatre est parti en retraite, le remplaçant me fait peur et j'y allais la trouille au ventre. Le médecin alcoologue est aussi parti et je n'avais plus rien en vue.

Le nouveau psychologue, après avoir fait un rapide résumé de mon parcours et des médicaments prescrits m'a clairement dit que j'avais été le cobaye : prenez ceci et ils attendaient de voir les résultats sans en être sûr.

       
CE QUI EST CERTAIN : PERSONNE A L'HEURE ACTUELLE, NE POSSEDE LE TRAITEMENT IDEAL.
DONNER TEL OU TEL TRAITEMENT N'EST QU'UNE TENTATIVE INCERTAINE.

"JE DONNE ET REGARDE UN MOIS APRES LE RESULTAT. SI CELA NE MARCHE PAS, ON CHANGE DE STRATEGIE."
 CE SERAIT LE COTE COBAYE DECRIE PLUS HAUT.

  RESUME  
 

     
Plusieurs points sont à relever Arrêter l'alcool nécessite plusieurs éléments ; - L'avoir décidé réellement (c'est moi qui suit en cause, pas les autres)
- S'entourer des structures nécessaires : médicale et associative.
- Le "médecin" peut apporter une aide médicamenteuse mais un support psychologique est plus important.
   
         
On sait pertinemment que le traitement habituel et stéréotypé du type décrit ci-dessous n'apporte rien de réellement positif  :
1 antidépresseur
1 anxiolytique
1 somnifère
Des vitamines
 
L'aide d'un psychologue est primordiale.

On regrette (mais c'est notre avis) que certains psychiatres recherchent, avec le sujet, des raisons tellement loin que plusieurs années seront nécessaires pour avoir un semblant de réponse. (Le tiroir caisse, lui, est ouvert)

Pourquoi ne pas rechercher les derniers événements qui ont conduit à cette situation. Ils ne sont pas si vieux que cela. Pour tous, c'est l'habitude prise de consommer régulièrement qui a amené au statut d'alcoolique dépendant.
Connaitre la raison c'est bien pour certains mais trouver le remède psychologique pour ne pas y retomber est très très difficile et demande du travail.

   
         
  Cesser tout travail sur soi, lorsqu'il y a un léger mieux et c'est une assurance de retourner au départ. Dans le cas de A.G. cité plus haut, les interdits qu'il s'est donné au départ sont conservés depuis plus de 20 ans.
Nous pensons qu'il a raison car il n'est pas rare que certains abstinents de longue date retournent à l'alcool (le dernier à notre connaissance : 16 ans d'arrêt, statut hospitalier de visiteur médical (pour aider les dépendants alcooliques) et pourtant il y est retourné.
   
  Abandonner toute idée de reconsommer un jour et quelque soient les avancées de la science semble être la solution viable. De toute façon, et on ne le répétera pas assez, le fait d'avoir fait une cure qui n'a pas fonctionné ouvre en grand la porte de l'abstinence TOTALE et, malheureusement pour certains nostalgiques, DEFINITIVE.
Sinon, vous entrerez dans un cycle répétitif de reconsommations cycliques.
   
 

LORSQUE LE STATUT DE DEPENDANT EST ATTEINT, LA MODERATION NE SERA PLUS POSSIBLE