POURQUOI ?

De la réussite, nous n'en avons pas toujours. Que dire des surhommes qui sont parfaits ?

     
Le 5 avril 2019, nous avons perdu une amie, une copine qui n'a jamais réussi à retrouver l'abstinence perdue.
Nous nous étendrons pas sur ce malheur.
En essayant de comprendre le pourquoi des choses, on se remémore toute son histoire. Pourquoi est-ce que tous les soins n'ont pas eu la réussite escomptée ?
     
Les circonstances de la vie font que quelquefois, on perd pied. On essaie d'oublier en reprenant le chemin avec l'alcool sans repenser à ce que l'on a entendu et réentendu à la Croix Bleue, "ce sera pire après".  

Par observation, une reconsommation après une abstinence aura pour conséquence de vouloir rattraper son retard quant à la quantité non bue.
 
Que dire du soignant qui dit que la rechute amène un certain savoir dans l'expérience et que l'on ne repart pas à zéro. Très souvent, on ne repart pas de zéro mais d'encore moins. La situation s'est empirée et ceci de façon très très significative.
Ici, il aurait fallu que l'abstinence revienne. Comme d'habitude, on constate qu'après une grande période d'abstinence, la reconsommation est beaucoup plus grande qu'avant l'arrêt.
     
Qu'est-ce qui n'a pas fonctionné ? Les soignants ont apporté toute leur aide habituelle :  
Antidépresseur. Donner ces produits, c'est bien mais ne faut-il pas chercher la cause de la dépression ?
Anxiolytique  
Cures successives Faire une cure, deux, trois, amène à quoi  ?
Si la cause de l'alcoolisation n'est pas enlevée ou gérée, elle reviendra systématiquement.
Ecoute des soucis Ecouter ne veut pas dire solutionner.
Ecoute associative  Là aussi, il y a à redire.
S'il y a trop d'empathie, cela n'est pas bon et l'accompagnant doit admettre qu'il doit se retirer.

Le conjoint ou le parent est le plus mal placé pour intervenir.

   
Qu'a-t-il manqué ? Sans s'arrêter à ce cas, il ne faut pas être un fin psychologue pour voir ce qui ne va pas dans notre parcours de soin. Tous les soignants travaillent en cercle fermé.
Le médecin de son côté, les CSAPA de l'autre, les centres de cure aussi, les assistantes sociales également et tous ignorent le travail de sape fait au niveau associatif, seul organisme qui connait, lui, le milieu dans lequel vit la personne.

Il existe des éléments indéniables.
Bien que semblants sincères, les personnes concernées ne donnent pas toute la vérité lors des échanges. Le DENI est toujours présent et il est très courant que les propos recueillis différent selon l'endroit où l'on se trouve.
Tout traitement sera inutile sans traiter le problème dans sa globalité.
Pourquoi arrêter de boire si l'on ne traite pas soit le problème social soit tous les autres, en même temps que celui de la consommation.
Prendre un individu et l'extraire de la mouise dans lequel il est , le faire hospitaliser, le faire arrêter l'alcool puis le remettre dans la même mouise. Il est compréhensible que cela ne marche pas. Les efforts nous paraissent difficiles à faire parce que nous ne nous ne les faisons pas et que de ce fait la situation demeure très difficile.
Si tous les intervenants se concertaient, il nous semble que la cohérence apparaitrait dans les soins. Sous prétexte de professionnalisme, de secret professionnel, chacun conserve ses infos en ignorant le travail de l'autre. Cela évite surtout de compter les réussites, nombre quand même ridicule quant aux moyens engagés.
     
Revenons à l'abstinence. Quand peut-on parler d'arrêt ? Après observations nous sommes sûrs que l'interruption de toute consommation ne devient positive qu'après un an. Après cette période, il sera toujours bon de faire le point et de choisir son chemin.
Cesser de consommer durant un mois et ce ne sera qu'une pause mais on ne parlera pas d'arrêt.  
   
Dernièrement, une infirmière en alcoologie avançait que seul le choix de la personne déterminait les axes des soins. Ainsi un alcoolique dépendant, persistant dans la volonté de tenter de modérer, sera soigné dans l'axe de la modération. Faut-il méconnaitre les mécanismes de l'alcoolisme pour continuer à penser ainsi.

Si l'on avait agi ainsi, il y aurait beaucoup d'entre nous qui seraient encore dans l'alcool.
Susciter auprès de certains d'arrêter n'a pas le même impact.  Ensuite, lorsque mentalement c'set admis, le choix sera fait mais il y aura toujours besoin de convaincre celui ou celle qui consomme excessivement.
Demander à une personne alcoolisée ou juste en début d'arrêt, un choix sur un engagement durable voire définitif, est un peu limite quant au raisonnement.
 
Est-il ou est elle en mesure de choisir ?
     
Nous sommes tous inégaux devant les conséquences de la consommation abusive de l'alcool (maximum 12 verres de base par semaine et une journée sans)
Maintenant ce serait 10 verres et deux jours sans.
Des facteurs de vulnérabilité sont, incontestablement, susceptibles de mener à l’assuétude alcoolique. Parmi ceux-ci, certains sont à mettre plus en avant. CE QUI CERTAIN ...

Deux voire trois personnes sur dix consommateurs deviendront dépendantes.

   
   
La résistance face aux effets de l’alcool est un des premiers facteurs. En effet, les individus capables de boire d’importantes quantités d’alcool, sans paraître ni se sentir soûls, ne possèdent donc pas de frein physiologique à l’augmentation de leur consommation d’alcool.

DEGATS PHYSIQUES

Un autre facteur important de vulnérabilité face à l’alcool est l’âge des premières expériences. La prise régulière d’alcool, avec ébriété régulière, par des adolescents de 14 ans ou moins prédit de façon presque directe l’abus et la dépendance à l’âge adulte. Cela est d’autant vérifié si les adolescents appartiennent à une famille ayant une histoire positive à l’alcool (c’est-à-dire si un membre est déjà dépendant à l’alcool). On voit ainsi l'importance de l'environnement.
La recherche de sensations est également considérée comme étant un autre facteur important de vulnérabilité.
On trouve, dans un vaste rapport Inserm publié il y a quelques années, cela : « La recherche de sensations peut constituer l’un des facteurs favorisants essentiels des premières alcoolisations, notamment chez les sujets les plus jeunes. 
 
Corrélée à la désinhibition, l’impulsivité et l’intolérance à la frustration, la recherche de sensations pourrait représenter une dimension fondamentale de la personnalité des alcooliques, les incitant aux expériences toxiques et à leur répétition ».
   
Il est d’expérience commune, qu’au sein d’une famille, l’alcoolisme a tendance à se transmettre de génération en génération, les enfants de parents alcoolodépendants ayant trois fois plus de risques de développer eux-mêmes une dépendance à l’alcool. Bien sûr, il n’existe pas un gène mais plusieurs qui conduisent à la prédisposition à la dépendance alcoolique. Même si la génétique semble très importante, on ne peut se focaliser uniquement sur la composante génétique sans souligner l’importance des facteurs environnementaux tels que la mise à disposition de l’alcool, la pression sociale de l’entourage et de la société (famille, amis, travail, stress, medias, internet).
     
L’anxiété et les états dépressifs sont aussi des facteurs prédisposants. Il en est de même des conflits familiaux, professionnels, ou d’autorité.    Enfin, la société ne doit pas rester indifférente. Ainsi, il ne faut pas rester muet devant le spectacle de quelqu’un qui est soûl. Il faut, au contraire, blâmer sévèrement et attirer l’attention des pairs sur cet état peu reluisant, sans pour autant stigmatiser la personne. Rester indifférent serait interprété comme une approbation.