JE N AI PAS ENCORE LA MOTIVATION D ARRETER DEFINITIVEMENT ET POURTANT JE SAIS QUE JE DEVRAI LE FAIRE.
 

CINQUIEME CURE POUR ARRIVER, PEUT ETRE, A MODERER

BIEN CONNAITRE LA MALADIE

Etre malade de l'alcool, c'est avant tout être incapable de stopper une consommation même si le désir de stopper est important.      UNE INTOX
Certains annoncent avec assurance la découverte d'un produit qui permet de guérir de cette pathologie.

1 Etre malade de l'alcool est une maladie qui restera définitivement.

  Faire une cure pour obtenir la possibilité de modérer et d'échouer dans cette tentative, est un signe très fort de la maladie
Le seul remède reste pour l'instant, l'abstinence totale et définitive.
 

La maladie alcoolique est à dissocier des consommations excessives ponctuelles.

Seuls des prophètes (des mages, sûrement) peuvent prétendre le contraire.

CROIRE A UNE POSSIBLITE DE RECONSOMMER SERA CATASTROPHIQUE, ENSUITE, ARRIVERONT LES DESILLUSIONS.

       

Etre malade de l'alcool est un fait.
L'avoir été est un autre sujet.

Les anciens buveurs ayant choisi l'abstinence définitive. Bien que restant dépendants, ces derniers ont réussi à se dégager des conséquence de l'alcoolisation en ne consommant plus du tout et surtout en menant une vie des plus normales.
Il existe bien sûr des personnes (professionnelles ou non) qui seront opposées au contenu de cet article (Chacun ayant le droit d'avoir une opinion). Les idées gêneront d'autant plus que ces personnes n'ont qu'une connaissance très lointaine de la maladie.
A notre niveau, associatif, nous avons, par pragmatisme, observé et analysé depuis des années le problème de l'alcoolisme et ceci dans tous les points de l'hexagone.
A CAEN, nous avons un "petit recul de 36 ans, au Havre un autre un peu plus grand, plus de 100 années, et nos analyses convergent toujours vers les mêmes conclusions.
C'est pourquoi certaines solutions prises par des diplômés nous défrisent. Comment peut-on avoir une vue d'ensemble après quelques petites années de pratique et après un certain nombre d'échecs (non communiqués d'ailleurs)  
     
Certains alcooliques ne sont pas arrivés au stade de la dépendance (quoi que ...) et continueront à aimer, désirer boire jusqu'à obtenir très souvent un état second.
Ceux-ci peuvent arrêter pendant quelques jours, quelques semaines et n'ont, semble-t-il, peu de souci (?). Cependant, les conséquences physiques ne sont pas écartées et on peut généralement observer que la consommation reste minime mais régulière et il n'y a que des excès réguliers (fêtes, anniversaires, un weekend, etc.).
Ceci a été la même situation pour tous mais pour certains, cela a empiré sans que l'on sache vraiment pourquoi. Lors de la dernière réunion (organisée au CHU de Caen par le professeur en alcoologie, le Docteur François VABRET), ce dernier a reconnu que pour les dépendants, seule l'abstinence totale reste le remède. Peut être dans quelques décennies...?
       
Reconsommation modérée :  interprétations

En FRANCE
Consommateurs
Excessifs 8.7 millions
Réguliers 36.8 millions
Abstinents 3.5 millions

   
Si le mot d’ordre de l’abstinence peut être revendiqué sur un fondement théorique, le clinicien se fonde davantage encore sur les observations quotidiennes.
Il sait que la consommation modérée est le rêve utopique de l’alcoolique, que celui-ci n’arrête pas de se raconter des histoires – « cette fois, je m’arrêterai à temps, je ne boirai que quelques verres » –, que toujours il défie la bouteille pour se prouver qu’il est le plus fort… et que toujours il échoue.
 D’ailleurs, ajoutera encore le clinicien, d’alcooliques revenus à un boire modéré ou contrôlé, « je ne connais point ». Et pourtant, selon les rumeurs, ils existeraient mais on ne sait pas où.
Certains témoignages apparaissent de temps en temps à la télévision et pour ceux qui connaissent le sujet, on a l'air de prendre les téléspectateurs pour des gros naïfs.
     
Envisager, fût-ce un instant, la possibilité d’une reconsommation modérée, ce serait se laisser prendre à ce jeu combien illusoire, et envoyer le patient au casse-pipe ! Si des cas de personnes ayant recouvré la liberté de boire modérément sans aucune aide chimique, existent, il faudrait les montrer.
Combien sont-ils ? Quelle est leur vie ? etc.
Des témoignages attestent de la possibilité, pour qui a été alcoolodépendant, de reconsommer des boissons alcoolisées, sans rechute alcoolique. (idée avancée par un autre groupe associatif, concept auquel nous n'adhérons pas) Le moment de décrochage du produit par la conquête de l’abstinence apparaît comme un moment nécessaire mais non suffisant. L’abstinence d’alcool laisse persister un mal-être existentiel profond. Ce mal-être qui sans doute avait été à la source du recours à l’alcool. Nous rejoignons ainsi une thèse généralement admise : l’abstinence ne peut être le seul but du soin de l’alcoolique, elle n’en constitue qu’une étape.
Il reste tout un cheminement.

       
PROBLEMATIQUE APRES UN VRAI ARRET
Se reconstruire dans une vie sans alcool et un large problème.
Arriver à admettre puis à adhérer au "sans alcool" est une démarche difficile et qui amène très souvent à un échec de plus en plus difficile à supporter.
En effet, de nombreuses tentatives fatiguent et la motivation s'étiole.
Pourra-t-on se reconstruire avec ou sans alcool ?
Quel dilemme !
La question souvent posée : "Peut-on remettre l'alcool à une place mineure et non vitale ?
   Peut-on également reconsommer sans rechute alcoolique ?
  Questionnements dont les réponses sont connues, et qui resteront en l'état pendant de longues années.
 

 

AVEC L'ABSTINENCE,
 DES GAINS NON NEGLIGEABLES

 
   
Un des premiers gains tangibles (et fortement souligné de l'abstinence) est la réussite sociale. Il s’agit des succès professionnels, et par les engagements respectés par cette nouvelle situation dont le moteur est l’abstinence. Repartir de plus belle, se jeter dans le travail, à la manière d’un forcené. présente un danger de saturation car chacun à ses limites. Cette "nouvelle vie" sera aussi accompagnée de traitements médicaux.  Il faut évidemment calmer les angoisses.  Cependant, plus on veut aller vite, plus on a tendance à compenser avec des dosages importants (Plusieurs cas à Caen dans la section Croix Bleue).
LES GAINS NE SE VOIENT PAS TOUT DE SUITE, C'EST AU BOUT DE PLUSIEURS SEMAINES QUE CELA S'ARRANGE. IL FAUT ETRE PATIENT ET RECONNAITRE ENFIN LES PROGRES
       
Orientations et hypothèses    
PREMIER APPROCHE : LA VIE COURANTE  
Au regard de la dramatique du buveur, nous associons une double hypothèse thérapeutique.
  1. La nécessité d’une rupture et la mise à distance du produit par l’abstinence.

  2. L’opportunité de retrouver les qualités que l'alcoolisation avait fini par fermer et reproduire.
    La « guérison » ne s’obtiendrait-elle pas de cette réanimation et de l’essai ou de l’invention de nouvelles réponses, jusqu’à une possible transformation existentielle ?  Malheureusement, les qualités réapparaissent mais aussi les défauts.

 
         
CHEMINEMENT GENERALEMENT CONSTATE        
         
Le buveur avait investi d’abord l’alcool comme remède à sa souffrance, comme solution à un problème. Mais l’alliance ainsi nouée s'est délitée. Le buveur est entré peu à peu dans un cycle destructeur et mortifère – le  cycle de l’addiction ou de la dépendance.     L’alcool n'a plus soulagé, il s'est ajouté à la  souffrance. Sollicité à l’origine pour résoudre un problème, il l’a entretenu l'a reproduit indéfiniment. Il est devenu remède-poison, et de plus en plus poison, solution-problème, et de plus en plus problème. Il s’est fait impasse.  
Le buveur va osciller entre plusieurs directions. Sa souffrance oubliée pour un temps avec l'alcool, son attirance pour le produit et parfois aussi son appétence envers ce dernier.  
         
Il est bon de considérer avec intérêt, le côté réducteur de la subjectivité du buveur.
Son jugement est altéré par son histoire. Il faut, avec discernement, comprendre ce qui l'a amené à cet état.
Il a sûrement connu une situation dramatique. Il est très réducteur de survoler ce qu'il rapporte dans ses propos. N'oublions pas le DENI qui masquera toujours la vérité. (Certains cachent longtemps, voire définitivement, des volets de leur passé où leur comportement n'a pas été forcément très glorieux).
    Avec des informations tronquées et déformées, il est difficile d'accompagner.
 Ce sont des thérapies longues et qui finissent soit par l'abandon du buveur soit dans le mur.
 
         
Le reboire peut aussi être utilisé pour éviter certains troubles physiques dont l'existence a été cachée au praticien lors de la visite.
 Les tremblements, sueurs froides et autres font partie des symptômes physiques dissimulés et que la honte nous empêche de décliner.
Ne soyons pas naïfs, certains psychothérapeutes ignorent ces états et comme ils travaillent seuls, parfois en équipes constituées dans le même centre, qu'ils ne voient le patient que de temps en temps, ils ne peuvent connaitre ces soucis.
Qui n'a pas connu le cycle : Je tremble donc je bois. Je ne tremble plus ensuite. Je tremble encore plus, je bois encore plus etc.
 
 
Ce fameux reboire aussi doit être aussi replacé dans le contexte du buveur.
Son idée n'est elle pas de retrouver une situation antérieure avec le même entourage en pensant pouvoir être encore le maitre de manœuvre.
 
         
LA LIBERTE DU BUVEUR :  LA RAISON TROP SOUVENT INVOQUEE QUI ARRANGE TOUT LE MONDE MAIS QUI NE RESOUT RIEN  

   

Où se trouve la liberté ?

 
La question de la liberté ou de la volonté du buveur a été et est toujours installée au cœur même de la problématique alcoolique et ceci par les soignants.
Nous pensons que cette question est effectivement centrale mais que la dépendance est plus aveuglante qu’éclairante.
    Il est nécessaire très souvent d'accompagner en étant persuasif et même parfois dirigiste. Il faut être ferme lorsque le buveur est à l'écoute et surtout éviter de rentrer dans son jeu.  
 

 
UNE VISION TRES THEORIQUE MAIS TRES UTOPIQUE  
Croire au boire réfléchi, à savoir, qui suit une réflexion sur soi et qui choisit en conséquence les circonstances, les quantités, les types de boisson, en refusant certains, en privilégiant d’autres, n'est elle pas une croyance utopique ?
 Est-ce cette forme du boire que nous observerions chez les buveurs qui se sont installés dans une pratique prolongée de la consommation modérée ?
 
   
QUE DIRE DES PERSONNES AYANT REUSSI ?   Il s’agit d’abord d’entrer en contact avec des personnes correspondant au profil recherché.  
         
Ce qui n’est pas simple dans ce cas puisque les (ex-) alcooliques qui reboivent modérément ne sont pas joignables au travers des circuits institutionnels habituels, qu’il s’agisse d’institutions médicales de soins (les alcooliques qu’on peut y rencontrer ne sont évidemment pas des buveurs modérés !).   Dans les mouvements d’anciens buveurs (qui ont opté pour l’abstinence totale), certains essaient mais sont dans un mal être très conséquent.  
         
La recherche devient empirique et est basée sur le « bouche à oreille »: la mobilisation de réseaux d’interconnaissance non institutionnalisés. Autant dire que cela restera très subjectif voire impossible  
         
Supposons d'en trouver un.
Le chercheur pourra procéder à une interprétation systématique du récit dans laquelle il mobilisera référents et concepts théoriques pour faire son analyse. On soulignera qu’il n’existe point de cadre théorique précis attaché à la pratique des histoires de vie. Chaque chercheur construira son propre cadre, tenant compte de sa problématique particulière de recherche ainsi que des choix théoriques résultant de sa formation scientifique.
  Médiatiquement parlant, cela est possible mais la crédibilité des reportages est très très moyenne.
Ces reportages sont trop réalisés avec un objectif d'audience et généralement n'apportent rien.
 
         
Une étude aurait permis d'en trouver sept dont six inexploitables. (Et on parle d'étude scientifique). Un panel aussi réduit est-il crédible.
Des études sont publiées à la TV et donnent des statistiques "sûres" avec un nombre de cas étudiés de 15 personnes (vérifié).
De qui se moque-t-on ?
 

 
     
Sur le dernier, il reste des interrogations troublantes : A-t-il été alcoolo dépendant ?
Est il crédible ?
Arrêtons de perdre notre temps.
   
TEMOIGNAGE        
Depuis plus de trois ans, après une période d’abstinence d’une vingtaine d’années, David consomme à nouveau des boissons alcoolisées. Sous quelle forme ? Il boit tous les jours, en particulier du vin aux repas. Il dit aimer les boissons alcoolisées, la diversité des goûts et saveurs des vins, bières, alcools (vodka, whisky…). Il valorise le plaisir de boire. Il s’intéresse aux vins de sa région, achète et boit des vins de qualité. Il a le projet d’approfondir ses connaissances œnologiques. Par ailleurs, il n’a pas, selon lui,  d’impulsion à l’ébriété, il ne cherche pas à se saouler et, de fait, ne s’est jamais saoulé pendant sa période de reconsommation : il dit ne pas avoir connu de rechute.     Maintenant c'est autre chose, les consommations sont redevenues celles d'avant mais avec en plus un DENI renforcé.  
         
Pour David, l’alcool est un remède contre les peurs, contre les angoisses. L’alcool est consommé comme un médicament. Une phrase prononcée par Isabelle est ici significative : « Mieux vaut un whisky qu’un Mogadon ».   « Je souffre, je souffre, je souffre ». Souffrances dépressives, envies de mort, envies suicidaires. À quoi s’ajoute la dépendance physique, qui n’est point phénomène-source ou phénomène-fondateur, mais conséquence physiopathologique, qui apporte sa contribution à la cristallisation de l’impasse du symptôme.  
         
POUR CONCLURE        
         
A l'heure actuelle, seule l'abstinence totale a fait ses preuves.
le recours a ses pilules miracles n'a rien donné de probant mais a apporté suffisamment d'effets secondaires nocifs pour faire taire tous les médias euphoriques à l'annonce de leurs sorties.
       
         

Le dégagement de l’alcool, pour qui a été alcoolodépendant, supposerait ainsi, d’abord la rupture avec le cycle de la dépendance par la voie d’une période nécessaire d’abstinence, ensuite une transformation personnelle qui puisse tarir les sources existentielles du boire problématique, ce qui rendrait possible alors une reconsommation modérée et réfléchie d’alcool.  
         
Ainsi, nous pensons à ce jour, à la lumière de nos observations, que le dégagement de l’alcool doit passer par une période nécessaire d’abstinence. Nous acceptons d’accompagner des personnes alcoolodépendantes qui ne sont point encore prêtes à l’abstinence. Elles essaient encore de croire en la possibilité d’une modération contrôlée de leur consommation.     Un jour viendra ou cette croyance disparaitra et ce sera le retour à une vie moins difficile.