Problème d'alcool

CONSEQUENCES FACHEUSES

  Il n'est pas inutile de rappeler les conséquences des alcoolisations et des tentatives d'arrêts successifs.

Dernièrement sur TF1, un alcoologue, sans doute compétent, vantait avec un sourire charismatique, les bienfaits de l'arrêt mensuel en janvier.

C'est bien disait-il d'arrêter un mois et de reprendre ensuite. Le seul problème, qu'il n'a pas souligné, est quand même évident pour toute personne travaillant dans ce secteur.

Si le message s'adresse à un buveur occasionnel qui aurait dérivé légèrement, cela semble avoir du sens.
Pour les autres (et ils sont nombreux) qui boivent régulièrement (maximum : 3 fois 10cl basiques tous les jours), ce n'est plus le même sujet. Février verra une reprise puis un rattrapage des verres non bus en janvier.

 
PREVENTION MEPRISEE Il est difficile de faire un travail en profondeur et de voir, en quelques secondes et pour des raisons monétaires et non de santé publique, briser des semaines de travail.

Un élu de la majorité n'a-t-il pas suggéré en  2018, d'amender la loi EVIN pour aider les viticulteurs en faisant consommer davantage la population ?

D'abord l'argent et ensuite la santé publique. Comme on le dit parfois, on marche sur la tête.

Texte cité
Journal LE MONDE
E...M. a régulièrement banalisé la consommation du vin et multiplié les gestes en faveur de la filière viticole. Une posture inédite, qui met en émoi les acteurs de la santé
. EMMANUEL PIERROT / VU POUR LE MONDE D'APRES ERIC FEFERBERG
           
  On rappellera ici quelque conséquences de plus en plus rencontrées lors des observations pragmatiques faites à l'association.

Des problèmes neurologiques sont de plus en plus constatés sur des personnes qui ne font qu'arrêter et reprendre au bout de petites périodes d'abstinence.

Ne nous cachons pas la face. Des antécédents de fragilité neurologique sont accentués par l'alcoolisation et les arrêts successifs.

Les symptômes alarmants sont toujours minimisés voire ignorés.

Troubles de la mémoire, psychoses, idées noires etc.

Il y a aussi l'idée de persécution lorsqu'il semble que tout le monde nous en veut.

Cas rencontrés Les collègues se moquent de moi. L'EGO EST TOUJOURS TROP PUISSANT.
  J'ai (toujours) raison mais tout le monde me dit que j'ai tors.
  Avec mon expérience et mes compétences, comment peut-on me commander ?
 

LES TROUBLES GRAVES

Les troubles psychiques entraînés par la consommation d'alcool seront directement liés à son influence sur le système nerveux, et indirectement liés à la destruction physiologique, via la chronicité.

 
Pour être plus simple, les dégâts sont proportionnels à la consommation mais il ne faut pas négliger les destructions physiques liées à l'accumulation chronique et répétée de cette consommation.
Il existe ou existera un moment où l'absorption immodérée amènera des troubles loin d'être anodins.

Formes cliniques

     

Troubles neuropsychiques

     

Encéphalopathie de Gaget-Wernicke

C'est une avitaminose B1 due à l'alcoolisme avec lésions anatomiques bilatérales cérébrales.
On observera une aggravation des troubles nutritionnels, un amaigrissement, une somnolence. En période d'état, on aura des troubles psychiques (torpeur, hypersomnie, rarement un coma) et des troubles neurologiques (nystagmus ou paralysie oculomotrice, hypertonie, troubles de l'équilibre, polynévrite des membres inférieurs, troubles végétatifs). L'évolution avec traitement pourra laisser des séquelles (syndrome de Korsakoff). Le traitement sera de la vitamine B1 en
IM à haute dose.

         
 

Syndrome de Korsakoff

Trouble de la mémoire résultant d'un Gaget-Wernicke ou non. On observe une amnésie antérograde, de la désorientation, de l'affabulation, une anosognosie (inconscience des troubles). L'amnésie s'attache aux faits récents. Le malade pourra croire vivre à une période ancienne, ou dans un autre lieu. On note des fausses reconnaissances, des récits fabulateurs. Le sujet a une humeur euphorique. On a aussi une douleur des masses musculaires et une abolition des réflexes (polynévrite sensitivo-motrice). L'évolution est mauvaise. Le traitement sera la vitamine B1 à haute dose.

   
 

Démence alcoolique

Affaiblissement intellectuel, réversible si l'arrêt d'alcool est réel.
L'accumulation médicamenteuse afin de faire cesser les envies et de guérir d'un état dépressif , peut laisser des traces.
N'oublions jamais que ces produits ne sont pas innocents et que leurs prises régulières sur une longue durée peut amener à une certaine confusion voire démence.

         
 

Aspects psycho dynamiques

 Selon certains spécialistes, l'alcoolisme est le symptôme d'une pathologie mentale, quelle qu'elle soit.
Un fait est certain. Les éléments dépressifs sont souvent importants.
Les accumulations des ennuis professionnels, sociaux, familiaux et/ou sentimentaux, amènent progressivement le sujet à regrouper alcool et médicaments dans un but d'oubli total. Retirer l'alcool voit souvent l'état dépressif s'accentuer. Le médecin soignera cet état par une augmentation des anti dépresseurs et anxiolytiques. La situation ne s'améliorera guère car bien que ces traitements soient efficaces sur le moment, leurs actions seront vaines tant que les facteurs déclencheurs cités plus avant ne seront pas éliminés.

En exemple, nous avons pu constater une amélioration de l'état physique et moral lors des soins et une dégringolade à la sortie de la cure puisque rien n'avait été traité pour préparer la sortie.

         
 

Troubles qui peuvent être conservés.

Sous alcool, l'individu a souvent une relation paranoïaque.

Lorsque l'addiction dure et que les périodes alternant abstinence, consommation, soins médicamenteux perdurent, cette paranoïa peut rester apparente. Des soins spécifiques seront nécessaires et cela deviendra compliqué.

 

Narcissisme : l'alcoolique a un narcissisme fragile, blessé. L'alcool, par l'effet euphorisant qu'il procure, va tenter de combler cette faille.

A jeun, l'alcoolique satisfait à l'idéal du moi, et saoul au Moi idéal.

L'alcoolique ne peut gérer la nostalgie de la période précédant la première intoxication alcoolique.

Vouloir être le centre des intérêts, le meilleur, avoir toujours raison, réussir tout ce qui est entrepris, sont ses préoccupations majeures. Il se rend compte qu'il a perdu de sa superbe et qu'il n'est plus ce qu'il a été. Ses capacités ont régressé et c'est ce qui le rend dépressif. La spirale a recommencé et cela ira de pire en pire si rien n'est fait. Il se re-désocialisera surtout si le milieu dans lequel il vit n'est pas des plus tendres.

Généralement, il se fera remarquer dans les groupes de parole en essayant d'axer tous les centres d'intérêts vers SON CAS qui doit être la priorité. Certais parlent d'un égocentrisme exacerbé.

         
  Compulsion de répétition  

Processus par lequel le sujet se place activement dans des situations pénibles, répétant ainsi les expériences anciennes sans se souvenir du prototype, et avec la vive impression qu'il s'agit de quelque chose de pleinement motivé dans l'actuel.

La personne pense avoir retrouvé un équilibre sans changer de manière de fonctionner. Ici, nous sommes dans l'utopie la plus complète.

         
RAPPELS ESSENTIELS En général ce n'est pas l'alcoolique qui fait de lui-même cette première démarche, mais son médecin, son employeur, et dans un couple  sa femme (ou son mari)...
LA MOTIVATION : QUE VEUT-ON ?
   

Pour certains alcooliques, la pathologie principale est autour de l'alcool. Pour d'autres non. Très souvent, il espère quelque chose en échange (retour de sa femme (ou mari), réemploi...).

    L'alcoolique ne demandera jamais une psychothérapie, ou du moins de façon authentique. Ils doivent apprendre à demander et le soignant ne devra pas espérer de demande explicite.
  QUE DIRE DES OBLIGATIONS ?   Trop souvent la réponse apportée sera de dire que cela a une chance de marcher...
 

L'obligation de soin aux patients alcooliques (loi du 15 avril 1954 et loi du 27 juin 1990 pour les "soins pénalement obligés") est une contrainte qui ne donne guère de de résultats ou du moins que pendant l'obligation.

Combien de fois a-t-on vu la reconsommation après toute contrainte ? Trop malheureusement.

Plusieurs méthodes existent dans le soin de l'alcoolisme:

 
   
  LA CURE AMBULATOIRE     Ne fonctionne qu'associée à un accompagnement. Si on n'y arrive pas, il est inutile de persévérer, mieux vaut passer par la case hôpital.
  LA CURE HOSPITALIERE   Faite dans un centre efficace, les résultats sont probants. Encore ne faut-il pas commencer par proposer une minoration de la consommation que tout à chacun choisira car c'est la solution la plus facile mais tellement inefficace.

Ne pas suivre un groupe à la sortie verra presque automatiquement, un retour à la consommation excessive.
Ce n'est pas en un mois que l'on guérit d'une alcoolisation progressive de deux décennies.

  THERAPIES DIVERSES   De couple ou familiale, il est important de ne pas dissocier l'effort de l'un et l'aide apportée par l'entourage. Le problème, bien que vécu différemment, est un ensemble. La thérapie sera mieux comprise par les proches s'ils sont partie prenante.
  ASSOCIATION D'ANCIENS BUVEURS   Les associations d'anciens buveurs mettent en jeu l'aspect relationnel. Le vrai drame pour l'alcoolique n'est pas uniquement de boire mais la désocialisation qui y est associée. Les associations tentent d'empêcher que le sujet ne plonge trop profondément, encore faut-il que ce dernier n'y vienne qu'en être passif. L'identification sera facilitée par le fait que les membres encadrant ont vécu le problème "alcool" et s'en sont sortis.