LIEN GENETIQUE ET ALCOOLISME

 
     
Article paru dans Ouest-France (quotidien régional ouest)        

Ce qui est avancé

Etude publiée il y a un an.

Un gène inhibiteur

En étudiant le génome d’une cohorte de plus de 105.000 individus, les chercheurs ont identifié une protéine (bêta-Klotho) impliquée dans la régulation de la consommation d’alcool. Cette protéine commande le fonctionnement d’une hormone produite par le foie et inhibant la consommation de sucre et d’alcool (FGF21).

Les chercheurs ont ensuite voulu tester ce gène en mesurant la consommation d’alcool chez des rats génétiquement modifiés.

Ils ont divisé ces derniers en deux groupes, chacun présentant une version différente de la protéine, puis leur ont injecté l’hormone censée inhiber la consommation d’alcool. Les rats étaient ensuite placés dans des cages où ils pouvaient choisir de boire soit de l’eau, soit de l’alcool. Les rats présentant une version défectueuse du gène avaient une consommation d’alcool plus importante que ceux du groupe test. «Ces résultats suggèrent que bêta-Klotho joue un rôle dans le contrôle du désir de boire de l’alcool», observe David Mangelsdorf, l’un des auteurs principaux de l’étude.

Développement de traitements

«Nos résultats montrent qu’il existe une cible thérapeutique (bêta-Klotho), qui pourrait être exploitée pour diminuer l’envie de boire», affirme-t-il.

 «Cette découverte pourrait fournir de nouvelles opportunités de développement de traitements qui réguleraient l’envie de boire, en ciblant le mécanisme d’action coordonnée du foie et du cerveau jouant un rôle dans la régulation de “l’appétit” pour l’alcool», précise Gunter Schumann, coauteur de l’étude.

«C’est résultats sont très intéressants, puisqu’ils sous-tendent qu’on pourrait identifier les gens génétiquement plus à risques, ou vulnérables, de développer des problèmes liés à la consommation d’alcool», affirme Nicolas Simon, alcoologue au CHU de Marseille.»

En outre, ils suggèrent que l’on pourrait régler ces problèmes en agissant directement sur la boucle foie-cerveau identifiée dans cette étude comme responsable de cette consommation.»

 

 

L'AVIS DE L'ASSOCIATION

 

AUJOURD'HUI

Plusieurs points nous interpellent :

1 Pour l'instant, il ne s'agit que d'une constatation et rien n'a encore été prouvé puisqu'il n'y a que des expérimentations au niveau du rat. Ces avancées ne sont pas récentes puisque l'étude a été déjà présentée il y a un an.

2 Il y a eu le même envol médiatique pour le Baclofène. Annoncé comme produit miracle, on n'en parle plus et aucun écrit n'a parlé des conséquences de l'usage de ce médicament.

Utilisé à "outrances", nul n'a communiqué sur les dégâts liés à son usage. Les spécialistes en alcoologie sont eux, beaucoup plus réservés.

3 On peut penser qu'il y ait un lien génétique, pour certains, dans la consommation d'alcool.
Cela donne lieu à des études qui n'aboutiront sans doute que dans des années.
Quelles seront alors les traitements choisis ? Nul ne le sait et cela dépendra des résultats. Nous espérons que cela n'ira pas jusqu'à modifier la carte génétique.

4 Par contre, cela va encore déstabiliser les personnes entrées dans une démarche de soins. Nous avons constaté, au niveau associatif, des cas où les personnes concernées ont abandonné leurs démarches et parfois même, ont changé de praticien pour pouvoir obtenir "l'autorisation de reboire modérément".

 

Soins :
Nous sommes limités à la thérapie actuelle et l'efficacité de celle-ci est fonction de beaucoup de facteurs.

Les spécialistes en alcoologie ont un rôle important et se contentent d'obtenir des résultats tout en tenant compte de la personnalité de la personne.

Ce qui est sûr, c'est le fait de devoir être abstinent lorsque l'on a atteint  les zones supérieures de la pyramide de Skinner.