ENCORE UN DILEMME QUI MONOPOLISE LES PENSEES SE BATTRE DURANT DES ANNEES POUR AVOIR PEUT ETRE LE DROIT DE BOIRE UN VERRE  OU

APPRENDRE A SE PASSER DE L'ALCOOL ET VIVRE PLEINEMENT SA VIE

         
Des débats sont encore en cours pour faire la promotion de tel ou tel produit permettant de soigner le problème de l'alcool bien que, au vu des résultats promis, il semble que les médias font profil bas.
Les annonces tapageuses n'ont été que déceptions et aggravations de situations déjà difficiles.
 
   
Associativement parlant, lorsqu'il n'existe que le problème de l'alcool, le recours aux médicaments est un moyen qui ne peut être envisagé que sur une période assez courte mais dépendante du sujet.

Nous ne sommes pas favorables aux traitements qui durent des mois, des années et qui ne résolvent rien et qui ne font que reporter les problèmes.

On arrive par contre à rendre les gens dépendants à ces médicaments sans pour autant solutionner la problématique première.

A à la Croix Bleue Normandie, nous adhérons à la thérapie qui a fait ses preuves et qui possède deux axes :
traiter le problème de l'alcool et celui très présent qui génére beaucoup d'ennui : la vie sociale.

Ne pas traiter les deux sujets en même temps et la situation restera inchangée. Ce n'est pas facile mais on y arrive en réfléchissant et avec de la patience.

Pour appuyer ceci nous allons présenter un cas récent et ceci de façon succincte.

Annabelle (nom d'emprunt) boit et sa situation n'est pas des plus enviables.

En divorce, sans travail, n'arrivant plus à payer son loyer et dépressive. le cas est lourd surtout que la prescription médicale est conséquente : antidépresseur, somnifère, et entre autres 80mg de diazépam (valium) par jour.

Son logis est grand puisque de trois personnes on est passé à une. Le loyer est de 800 euros à peu près et les arriérés sont de plusieurs mois.

Demandeuse (si l'on peut dire car shootée comme elle était, on peut chercher ses choix tant attendus de certains alcoologues)

 

Avec l'aide du médecin partenaire de notre association, il est décidé de faire sevrage, cure dans un centre avec lequel on travaille habituellement. L'attente n'est pas longue puisqu'elle part dix jours après. Nous avons fait le transport et l'avons accompagnée durant les 5 semaines d'hospitalisation.

Au niveau social, nous l'avons aidée à changer de logement mais nous avons fait les travaux dans l'ancien avant qu'elle ne le rende pour qu'elle n'ait pas de pénalité. Plus petit, moins cher le nouveau et joli à mon sens. Elle n'a pas quitté la commune mais s'est éloignée de quelques centaines de mètres.
Ceci lui a redonné un peu plus de motivation et elle a fait des démarches pour retrouver un travail.

 

Le bilan après un an est assez positif. Elle ne boit plus, a retrouvé des amis, un travail sûr et une certaine aise financière. D'ailleurs, elle a commencé à rembourser ses arriérés.

Son aspect physique fait plaisir à voir et les médicaments ont disparu de sa table de chevet.

Elle a choisi l'abstinence et voit les bienfaits de son choix (difficile à prendre il est vrai)

 

 
   
Revenons à notre sujet c'est à dire les fameux médicaments qui permettraient de boire un peu. Nous n'avons pas encore vu la preuve de leur efficacité.  
   
LE SELINCRO présenté comme le produit permettant le contrôle de la consommation. Ce n'est qu'un dérivé du nalméfène (Revia ou naltrexone). ce n'est pas récent contrairement au propos médiatisé (NDLR : devant les résultats, il y a maintenant un grand silence médiatique)
Ces produits ont des effets indésirables (heureusement on ne peut pas les avoir tous)     Attention :

Ce médicament n'est pas destiné aux patients dont l'objectif est un arrêt complet et immédiat de l'alcool.

Avant de prescrire ce traitement, le médecin évalue votre consommation d'alcool au cours d'une visite initiale ; il vous demandera ensuite de noter votre consommation quotidienne pendant une quinzaine de jours. Si votre consommation reste élevée, le traitement pourra être instauré.

 
Ce sont essentiellement :        
  • Les troubles du métabolisme et de la nutrition : diminution de l’appétit et perte de poids (fréquent) ;
  • Les affections psychiatriques : insomnie (très fréquent) ; troubles du sommeil, état confusionnel, impatiences, baisse ou perte de la libido (fréquent) ; hallucinations (auditives, tactiles, visuelles et somatiques), dissociation (fréquence indéterminée) ;
  • Les affections du système nerveux : sensation de vertige, céphalée (très fréquent) ; somnolence, tremblements, perturbation de l’attention, paresthésie et hypoesthésie (fréquent) ;
  • Les affections cardiaques : tachycardie, palpitations (fréquent) ;
  • Les affections gastro-intestinales : nausées (très fréquent) ; vomissements, sécheresse buccale (fréquent) ;
  • Les affections de la peau et du tissu sous-cutané : hyperhidrose (fréquent) ;
  • Les affections musculo-squelettiques : contractures musculaires (fréquent) ;
  • Les troubles généraux : asthénie, malaises, sensation d’état anormal (fréquent).
   

La fréquence des effets indésirables est classée comme suit : très fréquent (≥ 1/10), fréquent (≥ 1/100 à < 1/10), peu fréquent (≥ 1/1000 à < 1/100), rare (≥ 1/10 000 à < 1/1 000), très rare (< 1/10 000), ou fréquence indéterminée (ne peut être estimée sur la base des données disponibles).

Les effets indésirables les plus fréquents (nausées, sensations vertigineuses, insomnies et céphalées) ont été dans leur majorité d’intensité légère ou modérée. Ils sont survenus à l’initiation du traitement et ont été de courte durée (de quelques heures à quelques jours), faisant penser à une psychose alcoolique, un syndrome de sevrage alcoolique ou un trouble psychiatrique comorbide. La plupart des effets indésirables ont disparu lors de la poursuite du traitement. Des états confusionnels et, rarement des hallucinations ou dissociations ont été rapportées dans les études cliniques.

 
         
Le baclofène officiellement autorisé        

En mars 2014, l'ANSM avait accordé une Autorisation temporaire d’utilisation au baclofène et son remboursement en juin, offrant ainsi une nouvelle solution dans la lutte contre l'alcoolisme. 

En 2018, après de nombreux avis et une demande déposée par un laboratoire, la spécialité BACLOCLUR® a enfin reçu une autorisation de mise sur le marché (AMM). Ce décontractant musculaire peut désormais être officiellement prescrit pour le traitement de l'alcoolo-dépendance par tous les médecins dans un cadre sécurisé.

Ce médicament est préconisé après échec des autres traitements disponibles chez les patients alcoolo-dépendants pour aider au maintien de l'abstinence après sevrage chez des patients dépendants à l'alcool et pour réduire la consommation d'alcool jusqu'au niveau faible de consommation. 
La
dose maximale est de 80 mg/jour

Nous avons eu à la Croix Bleue Normandie Caen trois cas de personnes ayant essayé ce produit.

Leurs témoignages négatifs et les conséquences sont très démonstratrices du fait que ce n'est pas un produit pour un dépendant à l'alccool.

       
         
DES MEDICAMENTS EN ATTENTE DE VALIDATION ET N'AYANT PAS D'AUTORISATION POUR LA MISE SUR LE MARCHE.
         
Le Xyrem : un essai clinique serait en cours mais ils ne trouvent pas de candidats pour des essais significatifs  

Quelle efficacité pour l'oxybate de sodium ?

A l'origine, l'oxybate de sodium est utilisé pour traiter les troubles chroniques du sommeil. Il agit sur la libération de la dopamine. Son mécanisme d'action laisse penser qu'il pourrait avoir un intérêt dans le maintien de l'abstinence et la prévention du syndrome de sevrage. Pour l'instant, les études menées ne permettent pas d'évaluer le rapport entre les bénéfices et les risques de cette molécule. Un essai clinique est actuellement en cours en vue d’obtenir une autorisation de mise sur le marché en France pour le traitement de l’alcoolo-dépendance.

   
         
         
Alcover  : toujours en attente d'une AMM        
         
En octobre 2014, la société D&A Pharma a dévoilé les résultats d’une récente étude dans le traitement de la dépendance alcoolique avec Alcover ®, menée sur 496 patients alcoolo-dépendants répartis dans 60 centres cliniques européens (France, Suède, Allemagne, Italie, Espagne, Pologne, Tchéquie, Slovaquie et Autriche).
Ces travaux concernaient les patients décrits comme "sévères" (+4 verres par jour pour les hommes et +2 verres par jour pour les femmes) et "très sévères" (respectivement plus de 10 verres et plus de 6 verres).
   
  • Bien que les résultats semblent prometteurs pour le laboratoire, ils restent encore assez minimes et n'ont pas une évaluation de plus de 6 mois.
    L'effet placebo, lors de essais a un effet positif d'environ 50 %soit un cas sur deux.
  • Le produit par lui même apporterait une amélioration sur 2 cas sur 3 et 4 sur 5 sur les sujets dont l'alcoolémie est très sévère. C'est finalement très faible et mérite d'attendre des résultats plus probants sur des périodes plus longues.
  • Déclaré sans trop d'effets secondaires, Alcover doit être étudié plus longuement (rappel : combien de temps après la mise sur le marché s'est-on aperçu des effets négatifs du Médiator, il est vrai mis à toutes les sauces).
 

Le médicament est déjà commercialisé sous forme liquide en Autriche et en Italie (où 400 000 patients en ont bénéficié). Avant de se lancer au niveau européen, le laboratoire a développé une autre forme galénique, des granules insolubles. Une initiative salutaire car la molécule active de ce médicament, le GHB, avait défrayé la chronique sous le nom de "drogue du violeur".  La durée de l’étude ne permet pas d’évaluer le risque de dépendance au GHB et les conséquences en cas de sevrage chez une population déjà a priori vulnérable.

Autre point noir : le prix du traitement  pourrait être de 9 euros par jour.

 
         
UN ESPOIR : QUE LES PROFESSIONNELS ADOPTENT ENFIN UNE POSITION COMMUNE  

Certains spécialistes s’interrogent toujours sur le meilleur traitement : l’abstinence est-elle toujours le moyen le plus efficace pour traiter les patients alcooliques ?

Le problème reste entier du fait de l'importance financière qu'apporte les produits alcoolisés.

Dans un premier temps, les alcooliers ne pensent qu'à écouler le plus possible ces produits. Dans un second temps, il faut réparer les dégats dus à une consommation excessive et cela rentre dans le secteur du médicament, autre facteur de profits financiers).

Si l'on acceptait l'abstinence totale (pour ceux qui sont devenus malades donc dépendants), cela serait plus simple mais les profits ne seraient pas aussi importants.

Associativement parlant, les meilleurs résultats et les plus durables sont ceux qui sont associés à l'abstinence totale. Toutes les rechutes sont liés à la croyance de la possibilité de gérer ou de boire modérément. L'on sait pertinemment que les modifications physiologiques empêchent tout retour en arrière.

A part pour le sevrage et le début des soins où ils montrent leurs intérêts, les médicaments ne sont pas là pour diminuer, rendre possible une consommation modérée mais pour rendre la rupture avec l'alcool moins difficile.
 

Etre devenu dépendant n'a pas solution que l'ARRET TOTAL. C'est dur à accepter mais n'est que la seule solution.