JE NE BOIS PLUS ET JE NE SUIS PAS HEUREUSE...
JE VEUX REBOIRE

Les espoirs de revenir comme avant sont très souvent rencontrés en milieu associatif.   C'est un gros , très gros problème.  

Les excuses, alibis ou autres font légion et peu consultent ou s'informent des moyens d'arrêter la spirale ou de connaitre les conséquences possibles de la consommation abusive (qui ne fait qu'augmenter dans le temps).

   
Il n'est pas difficile de comprendre le mécanisme. Le dilemme existe et il sera  destructeur si l'on ne fait pas très attention.
 
  La grande question est de savoir si cela est possible.  
         
PRENONS UN EXEMPLE ET ESSAYONS DE TROUVER UNE SOLUTION.

Relatons son parcours.

       
Elle a perdu son compagnon, décédé à la suite d'un accident routier.
Très entourée, elle a vécu une vie remplie d'invitations et d'empathie.
 

CE QUI NE VA PAS

Seulement, fragile, elle a apprécié les apéros puis, comme très souvent, elle a développé un penchant pour la convivialité autour d'un ou de plusieurs verres de rosé.

Personne n'a remarqué cette évolution.
Elle a connu un homme qui l'a épaulée et qui a pris par la suite une place plus intime.

Joséphine semble heureuse et se remarie.

Que se passe-t-il alors ?

La vie sociale est bien remplie mais le penchant pour le rosé est toujours présent.
Elle a de l'appétence marquée et a du mal à ne pas consommer au delà des limites raisonnables.

  Remarque 1 :

Se donner l'alibi d'arriver à ne pas boire de trop et ce sera le moyen de justifier son appétence envers l'alcool.

On revient au déni et on se donne plus de compétences que l'on en a.

 

Puis elle se met à boire seule pour passer le temps et ressasse son passé.

Secrète, on ne connait pas toutes ses angoisses mais son entourage a constaté de petites ivresses et, croyant bien faire, essaie de l'empêcher de boire par des procédés qui se révéleront traumatisants. La surveillance, les contrôles et surtout le doute rendent l'atmosphère lourde. Son nouveau mari ne semble pas comprendre la situation. Elle a un souci mais lui, qui va bien, continue sa vie sociale et professionnelle sans changer ses habitudes C'est ici le drame. Il faudrait qu'il modifie sa façon de vivre mais ne semble pas se rendre compte qu'il est en partie responsable du mal être de Joséphine.

Un geste de l'entourage qui est très limite : faire souffler dans un alcotest tous les jours. (exemple à ne pas suivre) afin de contrôler la non consommation.

 

Remarque 2 :

Le cycle infernal est toujours le même.

Je déprime et je bois pour ne pas penser et plus je pense, plus je déprime, donc plus je bois etc.

I

     

Elle commence à déprimer, se pose des questions et cela commence à partir en vrille.
Joséphine contacte l'association et la thérapie commence.
La stratégie choisie (ou désirée) est simple. Arrêter la spirale afin de revenir à un état stable comme auparavant.
  Remarque 3

Il y a cependant des erreurs de commises et elles ne sont pas anodines.

Fliquer n'est pas la panacée et irait dans le sens contraire.

EST CE ENCORE POSSIBLE ?    
Trois mois se passent. Un incident survient. Sur un prétexte plus ou moins fallacieux, elle s'enivre et le conflit est relancé.

Elle se retrouve avec l'ensemble de son entourage contre elle. C'est elle la fautive et uniquement elle.

La confiance n'existe plus (?) et on parle de grands bouleversements (séparation et autres).

  Remarque 4 :

La vie a repris comme avant avec les invitations, sorties, vacances et surtout en oubliant une partie essentielle de la thérapie :
Le travail sur soi avec le groupe de parole.

Les absences se multiplient (travail, diners, etc.) et la volonté de reprendre la vie d'avant va devenir une obsession. Les bienfaits de la cure se sont envolés.

Devant les difficultés, une cure est programmée, suivie.

Le retour se fait et curieusement, on a oublié ce qui s'est dit dans les réunions : "Ce n'est que le début". On reprend les invitations comme avant sans se douter que la thérapie a été tronquée.

   
       
Huit mois passent et le moral n'y est pas. Le désir de reconsommer est de plus en plus important et on sent un stress permanent.  

Seulement, Joséphine n'est plus venue au groupe depuis trois mois. Elle a donné quelques nouvelles mais on est revenu presque à la case départ. Il faudra recommencer mais le courage sera-t-il là ?     Remarque 5 :

Vouloir aller trop vite et l'échec sera cuisant.
L'impatience n'est pas une bonne conseillère.

 
Les conseils oubliés...  
  1. Passer en revue vos habitudes et modifiez celles qui vous incitent à boire de l’alcool.
  2. Privilégier les activités où vous n’allez pas être tenté de boire.
  3. Eviter la solitude subie.
  4. N’oubliez pas de boire régulièrement de l’eau et surtout de manger pendant vos soirées.
  5. Parlez à quelqu’un de confiance qui peut vous soutenir.
   
QUESTIONNEMENT  

Après une thérapie, le choix est cornélien. Suis je dépendant ? OUI ou NON
 Si oui, ce sera l'abstinence définitive.

   
Et Joséphine ?

Elle patiente, et patientera jusqu'à entendre  :
"Tu peux reboire un peu".

 

Que va-t-il se passer ?

Elle est dans le désir de reprendre une soi-disant consommation contrôlée.
Nous n'y croyons pas beaucoup car on a pu mesurer sa relation vis à vis du produit. Sa frustration, qui est de plus en plus visible, de ne pas boire montre une appétence alcoolique qui va la reconduire à une escalade dans la consommation si elle ne rentre pas dans l'abstinence totale.

Devant son comportement, elle est réellement dépendante et se plongera dans l'alcool dès que l'on (tout intervenant) lui donnera un soupçon d'accord ou qu'elle essaiera de modérer.

Pour l'instant, elle se retient pour ne pas perdre son milieu social et son aisance matérielle.

Il faudra être persuasif pour lui faire entendre raison. Pour l'instant, l'alcool, pour elle, va jusqu'à la paranoïa.

   
         
    Prendre suffisamment de recul pour estimer une trop forte consommation est un gage que l'on est encore capable du choix. Laisser aller ne permettra plus de posséder un choix personnel et là ce sera très très sérieux.    
 

 

QUEL CHOIX FAIRE ?

 
CHOIX 1   CHOIX 2   CHOIX 3
REPRENDRE LA CONSOMMATION EN ESSAYANT DE GERER   SE FAIRE UNE RAISON

ATTENDRE et RESTER EN L'ETAT

  ADMETTRE LA PATHOLOGIE

REPRENDRE LA THERAPIE EN ADMETTANT LA DEPENDANCE.

         
L'essai a déjà été fait et cela n'a pas fonctionné. Il faut réfléchir sérieusement avant de se lancer et ainsi perdre les acquis.   Vous resterez dans le doute, la peur, le mal être.

Rester ainsi et cela deviendra trop dur et vous lâcherez.

  De loin la meilleure solution mais cela va prendre du temps.
Il faut retenir que c'est la plus facile des solutions.
Arrêter totalement un produit donne un mal être durant une certaine période et puis ce sera fini. Etre dans l'incertitude, par contre, est usant et finit toujours par une reconsommation excessive.
CE QUE L'ON SAIT ACTUELLEMENT     1- La maladie dite dépendance, ne permet pas de modérer.    
           
    2- La modération est réservée à ceux qui peuvent et non plus à ceux ou celles qui ont fait des cures et qui n'y arrivent pas.    
         
    3- Une cure ambulatoire ou hospitalière qui n'a pas marché et il faut considérer que la dépendance est là.    
         
    4- L'alcool n'est pas un besoin vital pour un être humain. S'en passer est possible si l'on se donne les moyens.