UNE GRANDE INTERROGATION ACTUELLE : LES TRAITEMENTS IATROGENES

         
 Les troubles iatrogènes sont les troubles associés à un traitement ou à un médicament. Les effets iatrogènes sont particulièrement pris en compte à l'heure de commercialiser un médicament, de limiter son usage ou de le retirer du marché. Ils sont plus connus sous le nom d'effets secondaires ou indésirables. ARRETER L'ALCOOL EST TRES SOUVENT LIE A DES PRISES MEDICAMENTEUSES QUI SONT LOIN D'ETRE ANODINES 
         

L'association d'anxiolytiques, d'antidépresseurs et d'autres molécules peuvent apporter des ennuis plus graves.
C'est pourquoi la prise en charge d'un patient atteint d'alcoolisme doit se faire par des spécialistes et non par des médecins n'ayant jamais été "formés sérieusement" à cette pathologie.
         
L'alcoolisme est un phénomène complexe car lié à des problématiques différentes et surtout chacun a un cursus différent et se doit d'avoir un traitement individualisé. Nous connaissons des thérapeutes qui proposent systématiquement la modération sans connaitre l'individu qui est en face de lui.
Piètre psychologie dirons nous.
   
         
Nous rappellerons, une fois de plus, que le traitement doit se faire avec le consentement de la personne touchée bien que, parfois, il est nécessaire d'être quelque peu directif sans pour autant "obliger sous contrainte". Forcer un peu n'a pas toujours été négatif mais il y a des limites entre contraindre et persuader.    
         
Des constatations, de plus en plus fréquentes, sont faites. La consommation d'alcool est très souvent associé à la dépression.

   
       
Dépression et alcoolisme : quel est le premier facteur ?
Bien malin celui qui prend position.
"Il n'est pas profitable de traiter la dépression clinique en se disant qu'une fois que la dépression aura été convenablement prise en charge le patient sera capable de s'arrêter de boire." (Kranzler Department of Psychiatry, University of Connecticut School of Medicine, Farmington, USA).
"Pour être efficace, le traitement doit porter sur les deux problèmes à la fois" (Santé Canada, 2001b).
   
       
Tout ce qui marche est essentiellement lié à la suppression de la consommation d'alcool et ce, sans égard à ce qu'ils vous disent à propos de leur consommation. Les raisons sont pourtant assez simplistes :

1- Pour certains patients, même une consommation d'alcool relativement faible peut avoir une incidence négative sur les résultats du traitement.

2- La capacité du clinicien à établir la quantité véritable d'alcool consommée par un patient est très incertaine.

3- L'abstinence d'alcool ne pose aucun risque pour la santé.

4- La consommation d'alcool n'aide pas à gérer la dépression.

22 doses basiques dans la bouteille soit 4.5 grammes par litre de sang

   
         
Évaluation des risques

La concomitance de consommation d'alcool et de dépression clinique accroît de façon marquée le risque de préjudice physique pour soi et autrui, de façon intentionnelle ou non.

On peut citer, en autres et parmi les moins sévères, les accidents de la route, et les accidents de travail.

         
ROLE DES BENZODIAZEPINES        
         
Benzodiazépines et dépression ne vont pas ensemble. Les raisons connues sont définies assez précisément.
  • risque de conséquences iatrogènes à court et à long terme, altération des facultés cognitives.
  • absence d'efficacité à long terme ;
  • risque accru d'abus par les patients présentant des troubles de l'usage de l'alcool.
  • possibilité de recourir, en raison de l'immédiateté de la réponse aux benzodiazépines, à ces produits en délaissant les traitements durables et efficaces
Le risque de surdosage est important. Nous avons connu une double voire triple prescription. (médecin psychologue et centre spécialisé)

Chacun prescrivait un même produit et la personne le consommait à outrance. Les conséquences ont été dramatiques surtout au niveau des troubles cognitifs.

         
Les antidépresseurs

Selon des données récentes, la prescription d'antidépresseurs devrait être envisagée, même pour les patients qui boivent. Néanmoins, la réponse aux antidépresseurs n'est pas aussi bonne chez les personnes qui consomment de l'alcool. Des études ont montré que la réponse au traitement pouvait prendre jusqu'à huit semaines et que l'efficacité des antidépresseurs était sensiblement diminuée (Hashimoto et coll., 2015 ; Ishikawa et coll., 2013 ; Moak, 2003).

 

Cependant :

L'efficacité de l'antidépresseur est limitée chez les gens qui boivent de l'alcool, en particulier chez les gros buveurs.

Les patients qui boivent interprètent souvent le manque de réponse à leur antidépresseur comme un manque d'efficacité.

Les taux de non-observance étant plus élevés chez les personnes qui présentent des troubles de l'usage de l'alcool, cela accroît encore davantage la probabilité d'une réponse limitée du traitement.

Dans le cas de beuveries, surtout répétées, nous déconseillons toute prise médicamenteuse.

L'inutilité de la prise de médicament est d'autant plus évidente que la personne n'a toujours pas pris la décision d'arrêter.

   

Si la personne suit un groupe de parole comme le nôtre, il faudra beaucoup de patience et attendre un début de volonté de cesser la consommation.

Nous avons connu des périodes de 5 ans avant une réaction. La chance est venue du non-départ de ces personnes. Ce fait est sans doute venu avec la création de liens sociaux dans le groupe.

Il y a eu aussi le désir de sortir de la précarité et une certaine envie de reprendre un travail.

 Ce qui est sûr :

L'élimination de l'alcool est associée à de meilleurs résultats thérapeutiques pour la dépression.

Les antidépresseurs peuvent être efficaces pour les symptômes de dépression chez les personnes présentant des troubles de l'usage de l'alcool, mais la réponse au traitement sera sans doute plus lente et moins bonne.

Il faut éviter l'usage des benzodiazépines aux patients qui font une consommation régulière d'alcool.

L'alcool peut provoquer des symptômes de dépression clinique ou exacerber ces symptômes, s'ils sont déjà présents.

La consommation d'alcool étant très répandue dans l'ensemble de la population, elle l'est donc aussi chez les patients souffrant de dépression clinique.