DES INTERROGATIONS LEGITIMES    
Nombreux sont ceux ou celles qui sont touchés par le problème de l'addiction alcoolique.   Devant ce problème les réactions sont très différentes. Il y a une marge entre ceux qui s'inquiètent et ceux qui minimisent.  
 
Les excuses, alibis ou autres font légion et peu consultent ou s'informent des moyens d'arrêter la spirale ou de connaitre les conséquences possibles de la consommation abusive (qui ne fait qu'augmenter dans le temps).
 
Dans des moments conviviaux, il n'est pas rare de voir des consommations importantes.
Tout ce que l'on sait en ayant observé, c'est qu'à partir d'un seuil (très personnel), la réaction qui devrait apparaitre, en faisant cesser l'alcoolisation, ne vient pas.
Plus la convivialité est  importante et moins cette réaction apparaitra.
Il ne faut pas négliger l'effet de mimétisme.
Plusieurs personnes On constate trop souvent que deux ou trois personnes s'entrainent mutuellement à consommer immodérément.

La convivialité amène généralement à la boisson et non l'inverse.
         
QUELLES INTERROGATIONS ONT ETE RELEVEES Comment savoir si j’ai un problème ?

CAS LE PLUS FREQUENT

Je bois un peu tous les jours.

Stressée par ma double journée, je bois
Je ne bois pas plus que les autres.
Quand je bois je ne sais pas m’arrêter. Une consommation excessive sans problème apparent ?      
C'est très souvent le premier  signe qui annonce une dépendance au produit. Peu c'est quoi ?
12 verres basiques par semaine et on est déjà au maximum.
L'habitude de considérer le petit verre qui calme.

Cela n'est pas rare et grave sauf si ce rituel devient une habitude qui stresse lorsque l'on ne peut y recourir.

Cercle vicieux que l'on rencontre souvent.

Je déprime et bois pour oublier mais je déprime encore plus et je bois plus, etc.

Se donner l'alibi de ne pas boire de trop et ce sera le moyen de justifier son appétence envers l'alcool.
Le premier verre n'apporte que peu d'ennuis mais le second annihile la volonté et à partir du troisième, on ne comptera plus.
 
Minimiser le nombre de verres est un danger très important.

 

Le drame viendra lorsque le besoin de boire apparaitra sans le stress.    
         
Réellement, vous subissez davantage cette situation que vous ne la choisissez . L'escalade de la consommation surprend lorsque le foie fonctionne de plus en plus mal. Beaucoup de dépendants ont commencé ainsi et l'alcoolisation est devenue excessive.    
       
Votre difficulté vient du fait que vous ne parvenez pas à contrôler votre consommation d’alcool. De ce fait, votre façon de boire peut vous amener à des états d’ivresse avancée, voire à une perte de conscience.    
       
 De ce fait, même si elle n’est pas quotidienne, votre façon de boire peut vous amener à des états d’ivresse avancée, voire à une perte de conscience. Avec sa cohorte de désagréments (maux de têtes, nausées, trous noirs, etc.), les lendemains sont souvent difficiles.

Avec le temps, vous pouvez également faire le constat que votre consommation d’alcool commence à avoir des conséquences sur vos relations et sur votre santé. Enfin, vous remarquez peut-être que votre comportement sur la route est de plus en plus souvent dangereux après avoir consommé de l’alcool.
Quelques conseils pour contrôler votre consommation   Face à cette difficulté, vous pouvez essayer de reprendre le contrôle en réduisant et si cela n'est pas réalisable, il faudra se plier à la règle d'or de beaucoup : plus rien.
  1. Passer en revue vos habitudes et modifiez celles qui vous incitent à boire de l’alcool.
  2. Privilégier les activités où vous n’allez pas être tenté de boire.
  3. Eviter la solitude subie.
  4. Retardez le premier verre en commençant par des boissons non alcoolisées.
  5. N’oubliez pas de boire régulièrement de l’eau et surtout de manger pendant vos soirées.
  6. Donnez-vous un nombre maximum de verres à ne pas dépasser ou fixez-vous une heure à laquelle vous arrêtez de boire.
  7. Parlez à quelqu’un de confiance qui peut vous soutenir dans votre intention de modifier votre consommation d’alcool.
   
         
Et si vous n’arrivez pas à contrôler votre consommation ?  

Si vous n’arrivez pas à respecter vos choix, ne pas culpabiliser :
 l’autocontrôle reste difficile. Il est peut-être temps de questionner votre rapport à l’alcool.

Pourquoi consommez vous ?
Pour décompresser, pour évacuer un trop plein de stress, pour vous mettre à l’aise en société ou en soirée.
Avez-vous le sentiment que l’alcool devient un remède aux difficultés que vous rencontrez ?

   
         
    Prendre suffisamment de recul pour estimer une trop forte consommation est un gage que l'on est encore capable du choix. Laisser aller ne permettra plus de posséder un choix personnel et là ce sera très très sérieux.    
Ma consommation est-elle un problème ?
         
Je bois un peu tous les jours   Chaque journée offre des occasions de boire un verre. Que ce soit au cours du déjeuner, avec vos collègues ou vos clients, à l’occasion d’un pot d’entreprise, après le travail avec vos amis ou encore le soir en famille.

Ce qui est pire : boire seul et de façon isolée.

  Ce type de consommation peut vous paraître naturel car il est facile de boire un ou plusieurs verres tous les jours "sans y penser".

Trop, c'est de se permettre 2 verres en apéritif et trois à quatre verres en mangeant. (souvent constaté le weekend) Le midi, on arrive ainsi à 1.2g/l.
Ceci est éliminé en 8 heures. Cela veut dire que si le soir, on recommence, cela ne sera totalement éliminé. (0.9g/l environ). on repartira avec peu mais cela s'ajoutera. On sera alors à 1.5g/l. La nuit sera suffisante pour éliminer le tout pour reprendre vers midi.

L'inconvénient, c'est que cela peut partir en vrille au bout d'un moment et là, il faudra faire attention, très attention.

Les doses normales :  

LES RECOMMANDATIONS DE L'OMS

  1. de ne pas boire plus de 2 verres par jour
  2. de ne pas boire tous les jours de la semaine. 5 JOURS SUR 7.
  3. de ne pas dépasser 10 verres d'alcool par semaine
 
 

DES STRATEGIES AU QUOTIDIEN   Au cours d'un repas, vous pouvez systématiquement mettre un verre d'eau à côté de votre verre d'alcool. En alternant vos boissons et en buvant à petites gorgées vous vous resservirez moins.

Le soir après votre journée, le sport, les sorties, les discussions sont de bons moyens de vous détendre sans consommer d'alcool.

A la maison ou entre amis, prévoyez toujours une boisson non alcoolisée que vous aimez. Cela vous permet de partager des moments de convivialité tout en limitant votre consommation d'alcool.

Enfin, chaque semaine, essayez de ne pas lier CONVIVIALITE et ALCOOL.

  Mais avant tout, il faut avoir une vie sociale qui ne pousse pas à consommer (ennuis divers)
Comment savoir si j’ai un problème ?   SEUL le test donné par la Croix Bleue semble être la solution.

Rester dix jours sans boire de l'alcool et sans en ressentir un manque, un regret ou d'être impatient de finir le test pour consommer.

Bien sûr, c'est un test personnel et le mensonge à l'entourage peut encore être présent.

   
         
Ai-je une consommation excessive ?   Une consommation au départ occasionnelle peut devenir une habitude et devenir problématique.
  • Vous consommez de l’alcool de plus en plus souvent.
  • Les quantités d’alcool bues sont de plus en plus importantes.
  • Les conséquences négatives (conflits, difficultés à assurer vos journées…) deviennent plus nombreuses.
   
         
         
Des signes inquiétants ?   Si, lorsque vous buvez, vous ne pouvez plus vous arrêter, cela signifie que vous n’êtes plus maître de votre consommation.

Ressentir que votre envie de boire est grandissante ou que les occasions se multiplient sont autant de signes qui peuvent vous alerter.

Une consommation d’alcool peut également devenir problématique si elle modifie votre comportement et vos relations avec vos proches.

Les remarques de votre entourage sont des occasions de vous questionner :

« Est-ce que je bois trop, ou trop souvent ?», « Est ce que mon comportement me met en difficulté ou met en difficulté mes proches quand je suis sous l’effet de l’alcool ?».

Dites vous que, sous l'alcool, vous ne serez pas conscient du niveau de votre alcoolisation.

   
         

espace

Suis-je dépendant ?   Si votre désir d’alcool est fréquent, voire continu, si vous ressentez des envies irrépressibles de boire, peut-être êtes-vous devenu dépendant.

Cette dépendance se manifeste à travers des symptômes physiques de manque quand vous ne consommez pas (tremblements, sueurs, crises de tachycardie, hypertension, nausées, vomissements), mais elle est aussi psychologique ( au point de ne plus arriver à vivre sans l’alcool.

La personnalité de chacun, mais également son histoire de vie, participent à la construction de sa dépendance. Par exemple le manque de confiance en soi, les difficultés relationnelles ou matérielles, le sentiment de solitude, d’ennui ou d’échec, la dépression peuvent favoriser une dépendance à l'alcool.

Lorsqu’on se sent en difficulté avec l’alcool, quelles que soient les quantités consommées ou la fréquence de consommation, il ne faut pas hésiter à demander conseil et si besoin à se faire aider. De toute façon, seul l'arrêt complet de la consommation donnera un résultat positif.

L'ALCOOL AU FEMININ

Un gros problème trop longtemps ignoré.       C’est une situation vécue par de nombreuses femmes qui assument en plus de leur travail la plupart des soins aux enfants et des tâches domestiques. L’ampleur et la multiplicité des rôles à tenir peuvent être source de fatigue et de stress.  
         
Faire le point Aussi soyez vigilante à vos habitudes de consommation. Vous pouvez dans un premier temps essayer de ne pas consommer d’alcool pendant quelques jours pour voir ce que vous ressentez.   Si cela vous semble difficile, si vous avez du mal à résister ou si le quotidien est vraiment trop pénible sans cette béquille, n’hésitez pas à en parler.  
         
Être aidée Il existe des lieux qui peuvent vous accueillir simplement pour faire le point sur votre quotidien, vos angoisses, votre consommation d’alcool.

Si cela s’avère nécessaire, un accompagnement pourra vous être proposé en toute confidentialité.
Les groupes de parole associatifs sont assez pertinents pour cela.
Dans ce groupe, il existe des personnes ayant connu cette détresse et qui sont prêtes à vous aider.
Nota : Dans le groupe caennais, le nombre de femmes est supérieur à celui des hommes.
 
 

Je bois, j’ai honte

     

La honte, un sentiment connu par tous et touche les deux sexes.

La honte est un sentiment répandu que vous n'êtes pas seule à éprouver. En prendre conscience peut vous aider à relativiser le poids de ce sentiment.

Le sentiment de honte est souvent plus présent chez les femmes :

Dans les représentations sociales, une femme qui boit reste mal perçue alors que pour un homme, boire et tenir l’alcool est encore un signe de virilité.
Aussi, plus souvent que les hommes, les femmes essayent de cacher leur consommation d’alcool.

 
 

Ce que la honte nous amène à faire.

   
l est important de prendre la mesure de ce que la honte nous amène à faire :  I Vous cachez-vous pour vous procurer de l'alcool ou pour boire ? Niez-vous devant les autres que vous êtes dépendant de l'alcool parce que cette idée vous est insupportable ?  
Devenez-vous agressif quand on évoque ce problème ? Vous sentez-vous coupable par rapport à vos proches – conjoint, enfants, parents ?  
Les stratagèmes pour masquer sa consommation, faire semblant ou la nier, supposent une grande énergie et amènent à ressentir de la culpabilité voire un dégoût de soi.  
Être bienveillant avec soi-même        

Rappelez-vous que personne n’est en droit de vous juger.

C'est généralement le plus mal ressenti. Même si vous arrêtez  l'alcool et que vous êtes abstinente depuis plusieurs années, l'entourage se chargera de vous rappeler cette mauvaise passe.

Rompre le silence est une manière de pouvoir accepter sa difficulté et une première étape pour dépasser ce sentiment de honte. Parvenir à parler de votre difficulté et de votre mal-être avec quelqu'un avec qui vous vous sentez en confiance peut vous aider à poser un regard bienveillant sur vous-même.  
Témoignages      

Je m'appelle Louise, j'ai 51 ans et depuis maintenant 27 jours, je n'ai pas bu une goutte d'alcool.

La raison ?
Enfin la prise de conscience, je suis alcoolique! Mais il a fallu beaucoup de trop de signes pour que je réagisse.

Le dernier en date, un grave accident de voiture qui heureusement n'a fait que des dégâts matériels mais aurait pu finir beaucoup plus mal.  Je n'ai plus de voiture, de permis et cela va aggraver ma solitude.
Je bois depuis une trentaine d'années. Ceci avec convivialité et avec amis, famille et collègues. Avec mon mari, cela pouvait aller d'une bouteille de vin (après le boulot) jusqu'à 3 bouteilles (les jours de congé en commençant plus tôt bien sûr) et cela pouvait se terminer en plein milieu de la nuit dans un bar avec un nombre incalculable de whisky…

Cela a tourné au vinaigre lorsque j'ai eu un besoin plus important de boire et je l'ai fait seule et en cachette.

Tout s'est mis à aller de travers. Mon mari est parti avec mon fils. Je n'ai pas réagi.
On m'a licenciée car je suis arrivée alcoolisée au travail.
Ensuite cela a dégénéré. Seule à la maison, alcool ennui déprime et le pire les médicaments qui ne faisaient rien ou du moins qui ne me semblait pas agir.

Je sais enfin que l'alcool et moi, ce n'est plus possible mais à quel prix? Comment imaginer une vie sans alcool?
 
L'alcool est partout, les rayons des magasins, les publicités, les événements, les séries et films. C'est social, romantique, festif.

Mais l'alcool reste une obsession du matin au soir. J'en fait des cauchemars.
J'ai bien sûr pris un psychologue, j'attend avec impatience ma 2ème séance la semaine prochaine.
 
 
    Je me demande combien de temps ce mal-être, cette anxiété, cette obsession vont durer? 

Mon amie, après un sevrage, a repris l’alcool.

Je suis, à 24 ans, pour la première fois de ma vie confronté à l’alcoolisme. Pas la mienne, mais celle de mon amie.
Elle a  29 ans.
Après une longue discussion, elle a accepté d'effectuer un sevrage dans un hôpital.
Entrée en août 2019, elle y est restée deux semaines.
Elle est rentrée à la maison et cela n'a pas duré.

Trois jours après et malgré son son cocktail explosif de médicaments en tout genre, elle a rebu en cachette. Une bouteille de rosé a suffi pour voir son physique changer.
Je ne sais pas quoi faire. Je ne sais pas comment réagir. J’ai juste mal au cœur. Très mal au cœur.
J'ai eu au départ un accès de colère mais c'est de la lassitude qui me gagne maintenant.

J’ai eu un conseil et suis allé rencontrer un groupe d'anciens alcooliques.
Grâce à ces témoignages j’ai compris que ce combat n’est vraiment pas simple, que la rechute en soit n’est pas une fin. Mais je me sens démuni.

- Faut-il cacher toutes les bouteilles d’alcool?

- Faut-il toujours garder un œil sur elle ?

- Comment réagir face à la rechute ? Être ferme, doux, ne rien faire? - Ou tout simplement, comment faut-il agir avec elle ?
Elle est réticente pour rejoindre le groupe de parole. L'association a proposé de venir lui parler. Elle a accepté.
Je verrai par la suite comment cela va évoluer mais d'après un de ses représentant, le sevrage n'apporte pas une solution durable.
Il faudra songer à une autre thérapie mais ce sera long...

 

En s'adressant notamment à des professionnels ou à des groupes de soutien ou d’entraide, vous obtiendrez une aide sans jugement sur votre situation.