SEQUELLES, CONSEQUENCES ET DIFFICULTES
  Sortir de l'alcool est déjà une grande victoire. La reconstruction apporte parfois des complications et il est trop souvent très difficile à les gérer.
Retrouver sa place dans son milieu familial ou social n'est pas si facile.

Pendant l'alcoolisation, on a généralement laissé son identité. Emporté par l'addiction, tout est passé au second plan : prise de décision, gestion des difficultés du quotidien, etc.

Revenu à une vie dite normale, il n'est pas possible de revenir à la position antérieure.
 Le monde a avancé sans nous et il est très difficile de se refaire une place honorable. Se reconstruire est une tâche ardue.

  Nous relatons avec son accord, l'expérience de Jean Pierre. (ce n'est pas un nom d'emprunt pour une fois)    
  Charismatique dans sa vie passée, il a obtenu par son travail une réussite professionnelle et avait une vie familiale et sociale abouties.

Des relations sociales, il en avait beaucoup et lors des visites amicales, il y avait toujours un moment convivial avec un verre. Jus de fruits, bière puis est arrivée la période  plus déstabilisante.
Stagiaire dans une très grande entreprise pour sa formation,  il fait partie rapidement du milieu des gens ayant des  responsabilités élevées. Cela l'amène à fréquenter régulièrement des personnes hautement placées dans la hiérarchie, que ce soit pendant et hors travail.
Des inconvénients sont apparus :
La fête est fréquente, ces gens sympathiques ont une double vie et la réussite pour eux est évidente du moins  à cette époque.
Esprit faible sans doute, il les suit et ne conserve de cette période que la consommation excessive d'alcool.

Revenu à son travail régulier, son ascension professionnelle continue mais avec un penchant pour l'addiction de plus en plus marqué.

 

Ses ennuis commencent par un ulcère perforant qui lui arrive (alcool, anti-inflammatoires car il a une double hernie discale, travail acharné)

Opéré en urgence, il doit quitter l'utilisation du tabac et compense aussitôt avec la consommation d'alcool (fait relativement courant) 

  Il suit des soins et devient abstinent total en un peu plus d'un an et cela perdure aujourd'hui.  

  ON POURRAIT SE POSER LA QUESTION :

POURQUOI EN PARLER SI TOUT VA BIEN ?

 
  Cela ne va pas si bien que cela.

Engagé dans notre association, il a un caractère marqué et, cela est constaté, a de bons résultats dans ses accompagnements.

Toujours acharné au travail, il cumule et a une vie très remplie.
Maison qu'il entretient, petits enfants qu'il aide, association qu'il gère plus ou moins mais dans laquelle il possède un rôle prédominant.

 

       
  Tout semble bien aller mais qu'y-a-t-il en arrière plan ? Le fait de s'occuper des autres apporte aussi sont lot de difficultés.  
  Reprenons les mais en ne conservant que les plus importantes.    
  Les personnes en difficulté, avec l'abstinence, reprennent leur vrai caractère qui n'est pas forcément de la meilleure facture. Il est parfois surprenant de constater que certains sont beaucoup plus sympathiques dans l'alcool que sans.   Jean Pierre le sait, la reconnaissance des bienfaits apportés n'est pas courante. Ce serait plutôt l'inverse.
         
  Avoir un rôle dans un groupe comme la nôtre et ce sont les attaques, méchancetés, jalousies assurées par ceux qui généralement ne font rien ou ne veulent pas avancer. Difficile à supporter, ces méchancetés sont très souvent la cause du burnout (abandon pour ceux qui ne connaissent pas le mot)
         
  Une réalité qui n'est pas évidente est la nécessité de prendre de la distance avec certains. Ceux qui sont toujours dans la demande ou qui désirent l'exclusivité des attentions.      
         
  DES CAS OU IL FAUT FAIRE TRES ATTENTION.      
  Lorsqu'il y a mésentente dans un couple, il faut absolument éviter de prendre parti pour l'un ou pour l'autre.
Il faut admettre que vous n'avez toujours qu'une partie de la
vérité :

tous mentent et ne présentent que les bons côtés le concernant.
Le rôle de l'accompagnant est d'aider à interrompre l'addiction et non pas d'avoir un rôle de conseiller conjugal.

 

 

  Dans une expérience récente, nous avons pu constater que le conjoint avait autant sinon plus de problèmes neurologiques que la personne concernée.
L'utilisation de termes médicaux, sans en connaitre d'ailleurs le sens réel, est toujours constaté.
Les personnes manipulatrices sont très dangereuses également.
         
  Si nous revenons à notre cas, jean Pierre, il lui faut du courage et continuer à ignorer toutes les critiques faites par les inconditionnels qui ne méritent même pas la plus petite considération.  Cependant il se doit de conserver  son intégrité physique et mentale. Ce conseil est valable pour tous les accompagnants qui doivent connaitre les limites possibles de leurs interventions.

NE PAS SE METTRE EN DANGER DIT-ON DANS LES FORMATIONS DES BENEVOLES.

         
  Jean Pierre voit son avenir de façon positive mais il réfléchit.
Son abstinence est très bien établie. Par contre il a des doutes sur sa vie sentimentale. N'ayant plus l'appui de son épouse, il pense à une séparation puisque c'est la partie conflictuelle qui le déstabilise.

EVITER D'ALLER DANS LE MUR...

  Ici, nous ne pouvons pas faire pour lui mais rester dans un contexte permanent de conflit n'est pas une solution viable. Il y a eu des antécédents et cela a été très fréquemment de bons résultats après le choix de la séparation.
         
POURQUOI CE TEMOIGNAGE ? UNIQUEMENT POUR AIDER LES BENEVOLES QUI ONT AUSSI ET TRES SOUVENT BESOIN QUE L'ON S'OCCUPE UN PEU D'EUX.

EUX AUSSI PEUVENT AVOIR DES MOMENTS DE FRAGILITE SURTOUT LORSQUE LES MECHANCETES S'ACCUMULENT. C'EST PEUT ETRE AUSSI POURQUOI LE NOMBRE D'INTERVENANTS NON PROFESSIONNELS DIMINUE.