ALCOOLISME ET EXAMENS PHYSIQUES

         
Le terme d'alcoolisme  présente un caractère péjoratif.
On lui préfère actuellement les termes d'alcoolodépendance.
Il est nécessaire de distinguer les abstinents dont la consommation est nulle ou exceptionnelle et les consommateurs réguliers d'alcool. On parle de consommateurs sans mésusage (mauvais usage) pour ceux qui ont une consommation moyenne journalière inférieure à 30 g d'alcool (voire 20g en 2018).

Les malades de l'alcool sont les consommateurs qui présentent des problèmes mais également les alcoolodépendants. Ceux dont la consommation moyenne est supérieure aux doses précédemment décrites sont les consommateurs à problème. Parmi ceux-ci il y a ceux qui présentent des complications et ceux qui n'en présentent pas. Parmi ceux qui ne présentent pas de complications il y a les malades qui risquent de développer des complications.
Parmi les autres il y a les malades qui présentent déjà des dommages corporels ou psychiques ou encore psychoaffectifs (perturbation de la relation avec les autres individus).
 

         

  Un individu est considéré comme alcoolodépendant quand il présente une sugestion à la prise de boisson alcoolique. Dès cet instant la suppression de la prise de boisson alcoolique est à l'origine de malaise physique. On parle alors d'un syndrome de sevrage.
Le malaise peut également être de nature psychique, il s'agit alors d'un désir irrépressible de renouveler la prise d'alcool. Ce comportement se caractérise par une incapacité de maîtriser la consommation de ce toxique. Il peut s'agir également d'une incapacité de s'abstenir.
Il semble inutile de le préciser, en France la consommation d'alcool pur par année et par habitant est d'environ de 11 à 12 litres d'alcool. En dehors de cette consommation excessive environ deux tiers des hommes et 1/3 des femmes consomment de l'alcool quotidiennement. Cette consommation d'alcool est à l'origine chez les patients d'à peu près 75 % de cirrhoses et de 45 % de tumeurs de tumeurs du foie.

         
    D'autre part, l'alcool entraîne 40 000 à 50 000 de décès prématurés par an. Bien entendu l'alcool est également responsable de nombreux accidents de la route. En effet elle est impliquée dans environ 40 % des accidents mortels ce qui représente environ 4000 décès par an. L'alcool est également une substance impliquée dans de nombreux accidents domestiques et du travail.
COUT DES SOINS      

    Le prix de revient des hospitalisations dû à l'intoxication alcoolique est d'environ 6 milliards et demi par an.
On a longtemps cru que le coût de la consommation d'alcool était inférieur aux recettes qu'elle générait.
En fait, il n'en est rien. Si environ un million et demi de français sont alcoolodépendants, l'ensemble des maladies liées à l'alcool touche environ 3 millions de français. (chiffres officiels bien en dessous de la réalité)
   
RUMEURS Le coût des soins devient très important et ce sans grande efficacité il est vrai. Combien rechutent, combien ne traitent pas le problème mais suivent des traitements similaires avec leur médecin ?
Combien aussi ont des traitements pour modérer ? Aucun chiffre officiel n'est communiqué. Il est assuré que tant que l'on restera au stade médical avec des médicaments, la situation ne sera pas améliorée. Passer par les liens sociaux est, à nos yeux, indispensable.
Un professeur d'alcoologie à CAEN soumettait, il y a quelques mois, l'idée de reporter les financements sur les cas ou pathologies légers et de ne plus s'occuper des cas "lourds". Ces propos ne sont pas moralement acceptables mais cela veut dire que l'on commence à y penser. D'ailleurs, certaines mutuelles (swiss life par exemple) enlève les soins addictifs des prestations couvertes.

TROUBLES

DEPISTAGE Ce qui est sûr, c'est que plus on détecte tôt la dérive, plus on intervient ou tente d'intervenir et plus on aura de chances d'éviter des pathologies sévères. On sera loin du 100%, c'est certain, mais on évitera sans doute de voir les cas extrêmes que personne n'arrive à régler surtout si chacun travaille dans son coin.
   
Les données citées nécessitent donc un dépistage précoce des problèmes liés à l'alcool. Le médecin généraliste semble être l'acteur médical le mieux placé pour dépister les malades de l'alcool. Encore faut-il qu'il ne se considère pas comme le seul intervenant capable de solutionner le problème. Il doit proposer l'intervention d'autres structures et ne pas oublier l'associatif. Là on est dans le rêve et il faudra sans doute changer les mentalités et
Dans l'association Croix Bleue, le malade est très souvent accompagné pour la première visite médicale. Cela semble plus facile pour la personne concernée de faire le point avec un accompagnant. La situation est plus claire car ce dernier connait déjà une grande partie du parcours addictif concerné. Le problème est plus ardu lorsque le "diplômé" se retranche derrière son "soi-disant secret professionnel". Il ne fait que compliquer la situation. C'est absurde mais tellement fréquent.
Le diplôme est parfois un obstacle à la résolution d'un problème qui s'apprend de façon pragmatique et non derrière un pupitre estudiantin.
 

Le médecin doit systématiquement quantifier la consommation d'alcool avant de prescrire.
Il lui faut aussi être perspicace car le "malade" minimise systématiquement.
De la même manière il devra analyser la situation familiale, sociale et professionnelles ainsi que des antécédents personnels de ces patients.

  La quantification se fait de la façon suivante : Un verre de rouge = 1/2 de verre = à un vert d'apéritif = un verre de digestif = 10 g d'alcool pur.

Il existe d'autre part un questionnaire appelé le questionnaire DETA d'après B. Rueff, qui comprend quatre questions dont deux très importantes :
NDLR : la réponse à la 2 set très souvent OUI, quand à la première, y répondre, c'est déjà avouer son problème et être sorti un peu du DENI.

 

 

Les examens en laboratoire : prise de sang
       

Examen clinique

Symptômes retenus et donnant lieu aux compléments d'examen

Asthénie (fatigue)
Pituite matinale (humeur rendue par les patients intoxiqués le matin)
Perte d'appétit
Troubles de la mémoire
Troubles de la concentration
Troubles de l'humeur
Dérèglement du sommeil
Anomalie de la fonction sexuelle
  Mis en évidence d'une hypertension artérielle. Il faut savoir qu'environ 12 % des hypertensions artérielles chez l'homme sont dues à l'alcool.
Une parotidomégalie
"L’alcoolisme" induit une dystrophie salivaire, bilatérale mais indolore, avec nette augmentation du volume des parotides.
Une varicosité des pommettes
Un psoriasis
Une acné rosacée
Des tremblements des extrémités
Un mauvais état des dents et de la bouche en général telle qu'une leucoplasie (plaques blanches) gingivite (inflammation des gencives secondaire à des carences en vitamines du groupe B), perlèche.
Une gynécomastie sensible ( augmentation des glandes mammaires)
Un excès de poids
Une attitude familière inadaptée
         
Trois dosages sont à la disposition du médecin pour permettre la mise en évidence de l'intoxication alcoolique. Néanmoins ceux-ci ne sont pas fiables à 100 %. En effet, certains dosages sont anormalement élevés pour d'autres pathologies.     1) Le volume globulaire moyen caractérisant le volume des globules rouges en moyenne. Quand celui-ci est supérieur à 98 microbes c'est le reflet d'une consommation excessive d'alcool s'étalant dans le temps (chronique). Néanmoins le volume globulaire moyen est susceptible d'augmenter dans les situations suivantes:

Tabac
Grossesse
Réticulocytes aux (augmentation des précurseurs des globules rouges)
Déficit en folates (vitamine B 9) et en vitamine B12
Médicaments contenant des molécules antipuriques et antipirimidiques (utilisées contre l'acide urique dont l'excès est à l'origine de la goutte)

 

     

2) Les gammaglutamyltranspeptidases (GGTP)

Ces enzymes hépatiques sont impliquées dans le métabolisme des acides aminés.
Chez l'alcoolique, leur taux augmente corrélativement à une modification du volume globulaire moyen (ou VGM, une valeur biologique décrivant la taille des globules rouges). L'association de ces deux indicateurs est un indice plus fiable d'alcoolisme selon une étude publiée par la JAMA. Des études suggèrent que le dosage des GGTP pourrait avoir valeur de test de dépistage de l'alcoolisme.

    3) La transferrine désialylée (reflet d'une consommation d'alcool inférieur à 15 jours).
 La consommation régulière de plus de 50 g d'alcool par jour entraîne l'apparition
dans le sérum (partie liquide du sang) de la transferrine désialylée. Celle-ci peut être mise en évidence grâce à l'utilisation de deux kits :
            Le CDTect (pris en charge par la sécurité sociale)
            Axis % Transferrine désialylée
Les résultats en valeur absolue sont (pour la normalité) :
Chez l'homme inférieur à 20 unités internationales par litre et 26 chez la femme.