DEVENIR ABSTINENT ET LE RESTER

Groupe de parole Croix Bleue du 22 mai 2018
Propos recueillis et mis en forme par le secrétariat.

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Le sujet est bien défini et chacun peut, selon son expérience, apporter des éléments complémentaires. Les éléments ont été classés mais ont été donnés dans un ordre différent.

1

ARRETER TOUTE CONSOMMATION D'ALCOOL

Toute démarche doit commencer par cette étape sinon ce sera un report incessant de toute thérapie. Il se peut que , pour certains, il y ait une proposition de réduction par le corps médical. C'est une proposition courante et habituelle qui laisse parfois un espoir de retour arrière bien qu'il ne faut pas se leurrer et rester à ce stade dans un déni des plus manifeste.
Nous avons des cas où, depuis plus de deux ans, les patients n'avancent plus et ne veulent plus progresser en mettant tous leurs espoirs dans cette éventualité. C'est encore le drame de croire à une modération possible pour ceux ou celles qui ont dépassé le stade leur permettant de revenir à une consommation modérée.
       

2

NE PAS RESTER DANS LE DENI ET S'AVOUER SA DEPENDANCE ET SES ENVIES DE CONSOMMATION

C'est un stade où tous les présents, concernés par la consommation excessive, ont connu. Tous, nous avons cru à la possibilité d'un retour à notre consommation modérée du début.
Nous avons tous pu constater que cette possibilité était ancrée dans notre cerveau tant que nous n'avons pas admis notre état et que seule l'abstinence était la solution.

Il est assez difficile de l'admettre et de mettre en application mais sorti du DENI cela devient beaucoup plus facile.

       

3

NE PAS SE METTRE EN DANGER EN FREQUENTANT LIEUX ET PERSONNES SUSCEPTIBLES DE NOUS FAIRE RETOURNER A LA CONSOMMATION.

Continuer à fréquenter les lieux et personnes qui nous vu ou aidé à consommer.
Boire au café est un fait très courant et continuer à y aller pour "boire un soda ou un café" est très dangereux. Cela ne dure pas longtemps avant de revenir à ses vieux démons.
Changer ses habitudes c'est aussi changer son mode de vie.
       

4

METTRE EN PLACE UNE NOUVELLE FACON DE VIVRE EN EVITANT L'ISOLEMENT

Se refaire un mode de vie sans rester dans un isolement des plus destructeur. Ce n'set pas facile mais cela est possible.

La Croix Bleue, par des activités, aide à apprendre à recréer des liens sociaux. ce n'est que par ceux-ci que le patient se sortira de sa dépendance.
Tout traitement médical non associé à cette reconstruction est voué à un échec.

 

       

5

REGARDER DEVANT (AVENIR) ET NE PAS RESTER A RUMINER LE PASSE

Vivre dans le passé avec des regrets et une certaine honte ne permet pas d'avancer.
Il sera toujours temps d'y revenir mais en premier lieu il faut s'occuper du présent et surtout de l'avenir.
Remettre en place un nouveau mode de vie est primordial.
Retrouver du travail (cela ne peut se faire qu'à jeun) pour ceux qui ne sont pas en retraite
Trouver une activité qui procure du plaisir pour ceux qui ont atteint le stade de la retraite.
EN TOUT CAS NE JAMAIS RESTER DANS UN LIEU OU L'ON RUMINE SES ERREURS PASSEES OU POUR REGRETTER CE QUE L'ON A PERDU.
       

6

TRIER LES PROBLEMES : TOUS NE SERONT PAS RESOLUBLES ET CEUX LA, IL FAUT LES METTRE DE COTE A la sortie de l'alcool, il reste malheureusement beaucoup de problèmes à régler.
Chercher à les résoudre tous est une tâche surhumaine et quasiment impossible à réaliser.
En premier lieu, il faut faire un tri. Lister tous les problèmes que l'on peut résoudre seul ou facilement.
Les autres seront réglés un par un et dans l'ordre d'importance. Ceux qui n'ont aucune solution immédiate doivent être mis de côté.
Par exemple, l'alcoolisation a peut être éloigné proches et famille. Ne vous précipitez pas. Beaucoup reviendront lorsque vous aurez été suffisamment longtemps abstinent. Vous aurez fait vos preuves et la confiance reviendra. (Une ré alcoolisation à ce stade sera dramatique)
Attention, tout ne sera pas possible et il faudra vivre avec et savoir oublier.
       

7

EVITER DE METTRE TOUT LES ESPOIRS DANS LES MEDICAMENTS (ILS SONT UTILES MAIS NE PEUVENT FAIRE TOUT)

De trop nombreuses personnes se contentent de consommer des médicaments de toutes sortes sous prétexte d'avoir trop de mal à y arriver.
Sortir de l'alcool doit être accompagné d'un minimum d'efforts personnels.
Reporter le tout sur le médicament et ne pas faire les efforts nécessaires ne sera qu'une pause. Arrêter le traitement et les envies puis les consommations d'alcool reprendront. (cas observés et très fréquents)

ATTENTION : NE VOUS MEPRENEZ PAS. LES TRAITEMENTS MEDICAUX SONT TRES SOUVENT NECESSAIRES MAIS NE PEUVENT ETRE DONNES A VIE.

       

8

RESTER SYSTEMATIQUEMENT DANS LES SOINS MEDICAUX SANS S'OUVRIR A DES GROUPES QUI NOUS FERONT REPRENDRE UNE VIE SOCIALE C'est sans doute l'erreur la plus fréquente. On se contente de suivre une thérapie médicale et celle-ci peut durer longtemps, très longtemps.
L'avantage d'appartenir à un groupe indépendant, est de pouvoir s'exprimer plus facilement sur les difficultés rencontrées.
Les efforts seront plus perceptibles et des solutions aux difficultés se trouveront peut être dans l'expérience d'un autre.

 

     

9

RENCONTRER DES ABSTINENTS DE LONGUE DATE EST MOTIVANT

Dans un groupe comme la Croix Bleue, des personnes vont très bien et ont une longue abstinence heureuse.

Pourquoi sont-ils encore là ?
Ce sont des gens engagés associativement et qui ont choisi d'aider comme ils l'ont été.
Ils sont (ou elles) la preuve que cela est possible.
Se contenter de ne voir que de jeunes abstinents ou des personnes qui rechutent systématiquement n'est pas une source positive.

       

10

IL Y A PLUS A TROUVER DANS LES EXPERIENCES DES AUTRES QUE DANS LES CONSEILS DES DITS PSYCHO THERAPEUTES

C'est aussi un des côtés intéressants des groupes d'anciens buveurs.
Leurs expériences est une richesse que les professionnels n'ont pas et surtout ne connaissent pas soit qu'ils ne s'y ont jamais intéressés soit qu'ils n'admettent pas que certains en connaissent plus sur le sujet qu'eux.
       

11

NE PAS SE PERDRE DANS LES RECHERCHES DU "POURQUOI ON A BU" Nous avons rencontré plusieurs cas où les gens se perdent dans la recherche du "Pourquoi j'ai bu" dans leur enfance ou à une autre période de leur vie. Cela prend tout leur temps et surtout celui du psychothérapeute concerné.
Pour certains c'est une volonté de savoir, pour d'autres un moyen de faire patienter l'entourage en continuant à boire tant que la cause n'est pas trouvée. Cela peut durer longtemps.
L'important est savoir pourquoi on boit dans le présent et de savoir ce que l'on fera demain.

Le passé est intouchable et s'en occuper de façon prioritaire n'est pas, à notre avis, une bonne solution.
Il est peut être important de savoir comment cela a commencé mais cela ne résoud en rien la situation actuelle et celle-ci, il faut la régler. Nous rappelons que seul l'arrêt de la consommation est considéré comme le début de la thérapie.