Liste des Symptômes de la Dépendance

PHASE CRITIQUE

1. Perte de contrôle

Par perte de contrôle on comprend  la perte progressive du contrôle volontaire de la quantité de boisson consommée.
Concrètement, ceci se manifeste par le fait qu'après avoir absorbé une petite quantité d'alcool, on boit toujours davantage de ce qu'il avait prévu de boire et/ou plus que ce qui serait approprié dans la situation concrète du moment. Si au début de telles pertes de contrôle peuvent encore occasionnellement être arrêtées par une prise de conscience ou par l'intervention d'un  tiers, cela s'avère toujours plus difficile dans le temps pour devenir finalement totalement impossible.

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2. Justification   (prétextes, alibis)

L'alcoolique augmente de nouveau sa consommation d'alcool. Il n'est pas rare que ceci provoque une réaction véhémente de la part de tiers. Etant donné qu'à ce moment l'alcoolique n'est généralement pas prêt à abandonner la boisson, il a tendance à se justifier et trouve des raisons plus ou moins vaseuses en assurant qu'il est dans la capacité de se ressaisir. Il est convaincu qu'il pourrait boire aussi modérément comme tout un chacun.
Ces alibis amènent l'alcoolique à considérer qu'il est accablé par toutes sortes de problèmes, tout en l'empêchant pendant longtemps de réaliser qu'en réalité c'est son comportement par rapport à la boisson qui pose un problème.

Pourquoi, après des expériences vécues de pertes de contrôle répétées, la personne finit par reboire est une question qui demeure actuellement sans réponse. La dépendance psychique aux effets de l'alcool est fortement ancrée. Il ne réalise toutefois pas encore qu'il est déjà alcoolique et par conséquent incapable de restreindre ou de contrôler sa consommation d'alcool sur une période étendue.

Il est tout à fait possible que de tels alibis pour boire soient fondés sur des problèmes réels et importants que le sujet maintient ou provoque parfois inconsciemment afin de s'autoriser à boire et/ou d'éviter d'être confronté à ses habitudes en matière de boisson. Tout ceci démontre que les systèmes explicatifs ont nettement un caractère de maintien de la dépendance.

3. Réactions de l'entourage

Le pertes de contrôle toujours plus nombreuses et plus graves attirent toujours davantage l'attention de l'environnement social de l'alcoolique. Des membres de la famille, des amis, des collègues  et des supérieurs hiérarchiques lui parlent de son « problème »  l'avertissent et le critiquent ou lui reprochent son comportement. Pour se défendre contre ces réactions de son entourage, le sujet a souvent recours à son système explicatif qui s'en trouve renforcé. En même temps, il s'efforce de cacher encore mieux le fait qu'il boit.

4. La perte de l'estime
de soi ?

L'alcoolique sent que la situation lui échappe. Il a recours à des artifices et utilise les capacités qu'il lui reste dans les domaines dans lesquels il fonctionne encore bien. Dans ce contexte, il se pousse souvent lui-même à accomplir des performances particulières, afin de se prouver à lui-même et aux autres que la boisson ne l'affecte en aucune façon ou tout au plus dans des domaines insignifiants.
Ce comportement s'exprime parfois par une extravagance et une vantardise particulière, par laquelle l'alcoolique cherche à convaincre les autres (et lui-même..?), qu'il ne va pas encore si mal comme on peut le penser.

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5. Comportement agressif

Dans le temps, le comportement change car la critique des autres se fait plus pressante. Son système explicatif est de moins en moins crédible. Une certaine agressivité apparait et ce sera lorsque certains s'adresseront à lui de manière bienveillante. Le pire arrivera en cas de querelles où il n'y aura plus de contrôle et où il y aura mêmedes passages aux actes.
La communication n'existe plus ou très peu. Il devient, à ses yeux, la victime et   attribue à son environnement la responsabilité de son comportement et les difficultés qui en découlent.

6. Remords persistants : une raison pour reboire ?

Se sentir coupable de boire est un élément indéniable mais qui devient minime devant la mal être vécu quand on ne boit pas (troubles divers). Il est en effet beaucoup plus facile de consommer que de vivre ces troubles. (cercle viciaux)

7. Périodes d'abstinence complètes

À la suite des expériences de pertes de contrôle fréquemment dissuasives et souvent aussi de la pression sociale croissante exercée par l'entourage, l'alcoolique réussit assez souvent à s'abstenir de boire de l'alcool pendant des périodes plus ou moins longues. Ces périodes peuvan aller jusqu'à quelques semaines. Le bien être revenant,  il estime à tort qu'il maîtrise de nouveau sa consommation d'alcool et qu'il peut donc boire de manière contrôlée. C'est l'échec assuré. Par expérience, on constate que la reprise s'accompagne d'une augmentation de la consommation par rapport à la période précédant l'arrêt.

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8. Modification du système de consommation

Afin de limiter et d'éviter les conséquences non désirées de la perte de contrôle, l'alcoolique développe un système de consommation selon des règles qu'il se fixe lui-même. Ainsi, il essaie par exemple de ne pas commencer à boire avant une certaine heure de la journée, de se limiter au week-end ou à certains endroits, à un certain type (p.ex. seulement du whisky) et à une certaine quantité d'alcool.
Pour l'alcoolique, l'absorption supplémentaire de médicaments psychotropes ou non (par ex : le baclofène) visant à restreindre la consommation d'alcool fait également partie de ce point.

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9. Abandon des amis

Comme l'alcoolique craint que son entourage ne remarque son changement de comportement, en particulier son incapacité à contrôler sa consommation d'alcool, il se retire toujours davantage de cet entourage. Ce faisant, il tente consciemment ou inconsciemment d'éviter la critique prévisible des amis et des connaissances, ce qui signifie souvent le début d'un large processus d'isolement social.
Il crée un environnement social autour de l'alcool (amis de boisson) ce qui le marginalise encore plus.
On retrouve ces cas dans les cafés où les seuls intérêts sont centrés sur la consommation abusive et un semblant de convivialité.

Ce produit a été malheureusement présenté comme un moyen de continuer à boire par certains médias.

Lorsque nous aurons du recul (dans quelques années), il sera possible de voir la véracité de tout ce qui a été annoncé. Pour l'instant, des essais sont faits et le peu de retour que nous avons ne présage rien de bon. Les effets secondaires de ce médicament ne sont pas négligeables.

10. Conséquences sur le lieu de travail

Le besoin accru de continuer à boire se répercute désormais sur le comportement sur le lieu de travail. Souvent l'alcoolique réalise lui-même une baisse de sa motivation à travailler, de ses performances et de sa concentration. Il n'est pas rare que ses collègues et les supérieurs hiérarchiques le remarquent à son manque de ponctualité, son manque de fiabilité, ses « maladies diplomatiques » etc.
Dans ce contexte, cela peut aboutir à des avertissements, à des mesures disciplinaires ou d'autres conséquences qui relèvent de la législation du travail ou encore à un licenciement.

rituelconvi.jpg (21402 octets) 11. Priorité de l'alcool sur les intérêts et les obligations

Si jusqu'à maintenant l'alcoolique avait réussi à boire essentiellement pendant les intervalles adéquats (pauses) du cours normal de ses journées, son besoin accru de boire l'amène désormais à modifier de plus en plus souvent ce schéma: il adapte le déroulement de la journée à ses besoins de boire. La personne ressent fréquemment une indifférence et un manque d'énergie croissant, qui font que, en dépit de goûts marqués pour les sports ou la culture p.ex., il ne trouve plus l'énergie pour entreprendre de telles activités.
Ce comportement renforce ses sentiments d'insatisfaction et il n'est pas rare que l'intérêt personnel pour son travail diminue fortement et qu'il n'exerce plus son activité professionnelle que pour remplir des exigences de performance qui lui sont imposées (prévention de la critique).

12. Priorité de l'alcool sur les proches

La critique massive et croissante exprimée également par des personnes de confiance (partenaire, famille, amis proches) au sujet de son comportement par rapport à la boisson met l'alcoolique sous une pression considérable. Alors qu'il cherche à ne plus continuer de décevoir ses personnes de confiance, il doit se rendre à l'évidence qu'il ne réussit pas à contrôler sa consommation d'alcool.  Il se soustrait souvent à des activités communes ou bien provoque des disputes qu'il utilise ensuite comme prétexte pour pouvoir se retirer et continuer à boire.

13. Apitoiement frappant sur son propre sort

L'alcoolique remarque finalement qu'en dépit de ses efforts sincères, mais généralement couronnés d'échec, il n'arrive pas à se soustraire à la critique de son entourage, qu'il ressent d'ailleurs comme étant disproportionnée. Par conséquent, il se sent souvent incompris et rejeté de tous. Il a alors tendance à se résigner et à se laisser aller à un apitoiement frappant sur son propre sort et s'en sert assez souvent comme prétexte pour recommencer à boire.

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14. Changement de la vie familiale

Ces changements sont d'abord fréquemment liés à la tentative des membres de la famille de garder l'alcoolique à l'oeil et de le préserver des conséquences négatives de ses actes. Suite à l'échec de ces tentatives, les membres de la famille tentent en général d'éviter l'alcoolique et de reprendre éventuellement leurs propres intérêts.
Pour empêcher que des tiers ne prennent connaissance du comportement de l'alcoolique par rapport à la boisson, les membres de la famille se retirent souvent et évitent les contacts sociaux :
Les enfants n'invitent plus d'amis à la maison ou ne sortent plus, les partenaires refusent des invitations ou abandonnent des contacts sociaux.

Il convient d'évoquer la séparation et le divorce comme conséquences extrêmes de l'alcoolisation

15. Protection de la réserve d'alcool et renforcement de la consommation en secret

Les expériences de perte de contrôle massives à ce stade et le besoin psychique désormais existentiel d'avoir à tout moment de l'alcool à portée de la main, incitent l'alcoolique à protéger constamment sa réserve d'alcool. Selon la situation qu'il vit il commence au plus tard à ce stade à cacher cette réserve.

16. Négligence d'une alimentation appropriée

Puisque la pensée et l'action de l'alcoolique se concentrent toujours davantage sur l'alcool et que par ailleurs les premières conséquences de l'alcoolisme sur l'organisme se font sentir (manque d'appétit), il commence petit à petit à négliger son alimentation. Lors des phases d'alcoolisme, il mange souvent irrégulièrement ou pas du tout ou bien il se nourrit essentiellement de repas rapides ou de plats cuisinés.

17. Nécessité de subir les premiers traitements médicaux

L'alcoolique subit les premiers dégâts organiques aigus tels que gastrites (inflammations de la muqueuse de l'estomac), lésions du foie, dystonie végétative (tendance à la tachycardie, aux variations de la tension artérielle, à la sudation augmentée et autres) ou des accidents liés à l'alcool, de sorte que des traitements médicaux ambulatoires ou stationnaires s'imposent. Les premières soins ambulatoires peuvent également s'imposer dans cette phase.

18. Modifications du comportement sexuel

Si au début l'effet de l'alcool a pu contribuer à lever des inhibitions sexuelles et donc à une augmentation de cette activité, il s'avère maintenant que l'intérêt pour la sexualité diminue ou disparaît totalement. De même, l'« haleine chargée d'alcool » et les odeurs corporelles liées à l'alcoolisme conduisent souvent à un évitement réciproque de toute approche corporelle. Il n'est pas rare que chez les hommes l'intoxication continuelle de l'organisme ait pour conséquence l'incapacité d'accomplir l'acte sexuel (impuissance).

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19. Jalousie alcoolique

En rapport avec le comportement décrit au point  28, l'alcoolique qui se rend compte de la dégradation de son pouvoir de séduction fait souvent preuve de réactions de jalousie infondées. Le partenaire est alors accusé de chercher ou d'avoir déjà trouvé un remplacement attractif. Cela peut tourner à l' « idée fixe ».

 

20. Consommation matinale d'alcool

Comme l'alcoolique perd toujours plus le contrôle, la baisse du taux d'alcoolémie durant la nuit qui suit la consommation de la soirée de la veille, liée à l'angoisse croissante de ne plus pouvoir gérer la vie quotidienne, l'amènent à ressentir dès les premières heures de la journée ou au cours de la matinée un besoin presque irrésistible de boire, auquel il cède de plus en plus souvent.

Avec un tel comportement l'alcoolique s'écarte de toute évidence des conventions sociales qui entourent la consommation d'alcool. Ce fait révèle aussi à quel point sa résistance physique et morale est déjà minée par la maladie.

Le manque d'alcool avec ses troubles favorisent cette prise. Il ne faut pas nier qu'à la longue, l'alcoolique se lève le matin (ou plus tard) avec une alcoolélie non négligeable. Le sommeil n'élimine pas tout. (0.15 g par heure)

 

 

 

 

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