Liste des Symptômes de la Dépendance

PHASE CHRONIQUE

La phase chronique comprend d'une part des symptômes de sevrage physique et psychique ainsi que des séquelles physiques pathologiques découlant de l'abus d'alcool sur de longues années. Elle est d'autre part caractérisée par le fait que le comportement est pour ainsi dire complètement subordonné à la consommation d'alcool. alcool2.jpg (97848 octets)

1. Ivresse prolongée sur plusieurs jours

Le rôle prédominant de l'alcool qui se manifeste déjà dans la consommation matinale, cause l'effondrement toujours plus fréquent de la résolution de l'alcoolique de moins boire, de sorte qu'il lui arrive d'être pendant plusieurs jours en permanence sous l'effet de l'alcool.
Ce symptôme suppose qu'au moment de la consommation matinale l'alcoolique rajoute encore de l'alcool à l'alcool résiduel de la veille. Nous avons constaté une ivresse qui a duré plus d'un an.

2. Effondrement des valeurs individuelles

La perte de contrôle toujours plus importante et obsédante assortie de l'indifférence et de la résignation croissantes de l'alcoolique empêchent désormais celui-ci de respecter ses propres valeurs essentielles. Autrement dit, l'alcoolique est disposé, le cas échéant, à passer outre à toutes les règles et conventions sociales afin de pouvoir boire.
Il sera constaté qu'il ne tienne pas compte de rapports de propriété, qu'il néglige visiblement son hygiène corporelle ou qu'il passe outre à ses obligations et responsabilités professionnelles et privées.

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3. Dégradation du raisonnement

La capacité de raisonnement de l'alcoolique présente désormais des signes de défaillance considérables. Souvent il n'est plus, ou seulement de façon limitée, en mesure d'apprécier sa situation de manière réaliste ou avec l'esprit critique nécessaire. Souvent, il n'est plus capable non plus de réfléchir de manière logique, ne saisit que péniblement ou plus du tout des contextes difficiles et/ou sa capacité de concentration est lourdement affectée, de sorte qu'il lui est p.ex. souvent difficile de lire et de comprendre des textes plus longs.
Dans ce contexte, il lui arrive de prendre des décisions manifestement mauvaises dans le domaine professionnel et privé. Il sera difficile d'engager une thérapie volontaire.

4. Phénomènes psychiques de sevrage

La baisse de l'alcoolémie chez le sujet entraîne des angoisses massives et une inquiétude intérieure marquée. Il se sent nerveux en permanence. Il cherche à se défendre contre cet état ou à le dissimuler à l'aide d'alcool, mais à la longue il ne peut y réussir que s'il maintient en permanence son alcoolémie à un certain niveau.

A ce stade, un sevrage indépendant d'une surveillance médicale est très dangereux.

5. Phénomènes physiques de sevrage graves

La baisse de l'alcoolémie peut entraîner des phénomènes physiques de sevrage graves: tremblements continus, notamment des mains (trémor), accès de sudation, tachycardie, étourdissements, vomissements ou nausées. Ces symptômes sont souvent particulièrement marqués le matin, si le sujet n'a pas maintenu son alcoolémie durant la nuit.

6. Changement de la compagnie choisie pour boire

Il n'est pas rare non plus que l'alcoolique vive le tremblement, qui le trahit, dans des situations dans lesquelles il se sent observé. L'alcoolique ne peut maîtriser cet état qu'en se remettant à boire.
L'alcoolique choisira son entourage de manière à être sûr de pouvoir continuer à boire en compagnie. Aussi peut-il se mettre à boire avec des gens dont il ne rechercherait guère le contact en temps normal ou qu'il aurait même évité à tout prix.

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7. Recours aux produits de substitution contenant de l'alcool

Le besoin de continuer à boire afin d'éviter des phénomènes de sevrage peut désormais devenir tellement grave que l'alcoolique, à défaut d'avoir accès à une autre réserve d'alcool, se sert de produits de substitution contenant de l'alcool, comme p.ex. de l'eau de Cologne ou du parfum, des médicaments contenant de l'alcool, de l'eau de mélisse, de l'alcool à brûler, de l'alcool camphré ou de produits similaires.

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8. Syndrome de sevrage grave

La symptomatologie de sevrage  peut aboutir à de graves troubles de la circulation, des variations dangereuses de la tension artérielle, une arythmie cardiaque et d'autres affections physiques nécessitant une intervention médicale, voire une hospitalisation. Il peut se produire une crise convulsive, qui complique encore le tableau. Si d'autres symptômes de sevrage, tels qu'une émotivité marquée, des idées délirantes ou des hallucinations, se produisent chez l'alcoolique, on parle de délire.

9. Séquelles sous forme de maladies neurologiques

Outre les maladies du foie, pancréas et autres organes des séquelles graves (la liste en est très longue) nécessitant un traitement médical ambulatoire ou une hospitalisation, on relève des lésions neurologiques.
L'intoxication éthylique chronique (intoxication) provoque des lésions du système nerveux périphérique moteur et sensitif (polyneuropathie). Elle s'exprime à un stade précoce par un fourmillement et une sensation d'engourdissement, ainsi que par une diminution de la force ou une paralysie vécus d'abord au niveau des mains et des pieds.

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On peut observer une sensation de pieds brûlants (particulièrement la nuit) et une insécurité de la marche ou des troubles au niveau des mains p.ex. lors de la préhension. Au fur et à mesure que la maladie progresse, la polyneuropathie s'étend pour affecter complètement les bras et les jambes et ensuite tout le corps.
Parallèlement, l'atteinte du système nerveux végétatif provoque des lourdeurs d'estomac, des troubles digestifs, la perte d'appétit, des vomissements matinaux, une tachycardie et des troubles de l'irrigation sanguine des mains et des pieds. Des accès de sudation plus fréquents sont aussi à considérer comme des troubles du système nerveux végétatif.
Des lésions du système nerveux central apparaissent sous forme de destructions irréversibles des cellules cérébrales (dégénérescence cérébrale) suivies de troubles considérables de la capacité de mémorisation et de concentration, ainsi que du sens critique et de la capacité de compréhension (dans sa forme la plus évoluée : le syndrome de Korsakow).

Contrairement à beaucoup d'organes, le système nerveux n'est pas en mesure de se régénérer.

10. Obsession de l'alcool

A ce stade de la maladie, il peut lui arriver d'éprouver un besoin de continuer à boire tellement irrésistible qu'il accepte aussi des conséquences négatives graves et des risques extrêmement démesurés en continuant à boire : Il accepte par exemple le risque, en dépit de problèmes professionnels déjà existants, de ne pas se présenter à son lieu de travail ou alors avec une « haleine chargée d'alcool » ou alors de continuer à boire sur le lieu de travail. Le besoin de continuer à boire dirige tout son comportement, de telle sorte qu'il continue à boire sans tenir compte des risques encourus et de manière complètement déraisonnée.

11. Crises convulsives liées au sevrage

Si dans cette phase de l'évolution de l'alcoolodépendance l'alcoolique n'alimente pas son corps avec suffisamment d'alcool et/ou l'en prive totalement, des crises convulsives liées au sevrage peuvent survenir. Le sujet perd subitement connaissance - le plus souvent sans prévenir, tombe et subit une crispation prononcée de sa musculature, suivie de séquences de mouvement rythmiques. En règle générale, il n'a aucun souvenir de l'incident. Des crises convulsives peuvent survenir à tout moment de la journée, même pendant le sommeil. En raison de l'arrêt respiratoire y lié, de telles crises convulsives constituent un danger de mort.

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12. Idées et/ou tentatives suicidaires

Ses sentiments de culpabilité souvent très graves, ses remords et son sentiment d'infériorité prononcé amènent l'alcoolique à prendre désormais clairement conscience du fait que s'il continue à boire, sa situation ne fera qu'empirer. Simultanément, sa peur des phénomènes de sevrage ainsi que sa crainte désormais très forte de ne plus arriver à maîtriser sa vie quotidienne sans alcool, le poussent à poursuivre. Impuissant et enfermé dans ce champ de tensions il peut maintenant sombrer dans un tel état de désespérance qu'il songe sérieusement à se suicider.

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13. Diminution de la tolérance à l'alcool

L'atteinte physique massive, en particulier du foie, peut subitement engendrer une nette baisse de la tolérance à l'alcool fortement augmentée jusqu'alors. Lors d'une telle « chute de la tolérance » le sujet se sent déjà ivre après l'absorption de faible quantités d'alcool. Comme l'effet est toutefois de courte durée, il se met à boit de manière encore plus nerveuse et obsédante à des intervalles rapprochés.

15. Délire éthylique

Un delirium tremens peut survenir comme phénomène de sevrage le plus grave. Souvent il débute par des troubles du sommeil, de l'estomac et de l'intestin, une inquiétude motrice considérable, une émotivité marquée, un tremblement des mains de grande amplitude, une sudation et une tachycardie prononcées. (il peut y avoir aussi hallucinations). La personne  souffre de troubles très sérieux du système cardiaque et circulatoire accompagnées d'une fort augmentation de la tension artérielle,   et de troubles respiratoires. S'il ne reçoit pas de traitement, sa vie est en danger.

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