LES  STRATEGIES POSSIBLES   DANS  L'ALCOOLODEPENDANCE

Lorsqu'il y a un problème d'alcool, les stratégies possibles ne sont pas aussi nombreuses que ce que l'on pourrait penser.      
Pour nous, les étapes indispensables sont les suivantes : 1 Prendre contact avec un médecin spécialisé

2 Contacter une association d'anciens buveurs

3 Prendre un contact avec un psychologue si besoin

Le médecin assurera le suivi médical. Arrêter l'alcool n'est pas une affaire anodine.

C'est lui qui verra l'utilité de la cure (ambulatoire ou hospitalière)

L'association aura pour rôle, le suivi et l'entraide. Il faut rappeler que l'arrêt physique est simple mais le caractère psycho-social de l'addiction est la partie la plus difficile de la thérapie.

La partie psychosociale représente les 90% du problème.

QUELLES QUE SOIENT LES ANNONCES MEDIATIQUES, AUCUN  MEDICAMENT NE PEUT RESOUDRE SEUL LE PROBLEME DE L'ALCOOLISME.

Le médical Le médecin généraliste Le médecin qui s'est spécialisé les centres d'addictions Le psy (psychologue ou psychiatre)
  Il n'a pas obligatoirement des connaissances précises du problème d'alcool Il connait mieux le problème et adapte son traitement au sujet. Il connait le caractère psychosocial du problème Généralement, ils sont surbookés.

Voir un médecin rapidement est quasiment impossible. les délais d'attente sont assez conséquents.

Parfois ignorée, cette étape est souvent salutaire. Nous avons eu de nombreux cas où la solution passait par ce biais.
  Il se contente de conseils et surtout de donner des médicaments. le traitement est unique et le même pour tous.      
Un certain nombre de molécules, donc de médicaments, ont fait l’objet de publications sur la modification de consommation d’alcool voire sur la promesse d'obtenir l'abstinence totale.

Ces études sont toujours en cours et les résultats cliniquement modestes.

Il est annoncé que certaines ouvriraient des perspectives intéressantes.

 

   

 

         
Sources (Professeur PAILLE NANCY) Dans la pratique des soins primaires, les cinq médicaments suivants sont utiles dans le traitement des patients qui ont un problème d’alcool : 
  •  Disulfirame ou ANTABUSE
  •  Naltrexone ou REVIA
  •  Acamprosate ou CAMPRAL
  •  Topiramate ou EPITOMAX
  •  Lioresal ou BACLOFENE
         
         
Ces molécules auraient une meilleure efficacité sur la réduction de la consommation.
Faire des choix concernant les objectifs et les modalités du traitement : on opposera encore la réduction (modération) à l'abstinence, c'est à dire faire un traitement à la demande.
Le choix de la molécule sera guidé par des critères objectifs.   
   

QUELQUES INDICATIONS SUR LES ETUDES FAITES

Nalmefène

Il s’agit d’un antagoniste des opiacés.

Cinq études sont disponibles, dont quatre cliniques portant sur l’évolution de la consommation d’alcool.

 
Topiramate (Epitomax®, Topiramate®)
Beaucoup d’études ont été menées avec les antiépileptiques GABAergiques. Parmi elles, le topiramate semble le plus prometteur.

Trois études ont comparé le topiramate au placebo.

 

Ondansetron (Zophren®, Ondansetron®)

Cette molécule est un antagoniste des récepteurs 5-HT3 de la sérotonine, actuellement utilisé comme antiémétique au cours des chimiothérapies et en post-opératoire.

3 essais cliniques sont disponibles.

 

Aripiprazole (Abilify®)

Cette molécule est un antipsychotique agoniste partiel du récepteur D2 de la dopamine. En fait, son mécanisme d’action pourrait être plus complexe et agir aussi sur les récepteurs de la sérotonine. Il est parfois présenté comme un « stabilisateur » des systèmes dopaminergiques et sérotoninergiques.

Plusieurs études récentes sont disponibles.

 

Les études tiennent essentiellement  compte des résultats des groupes mais ne donnent aucun résultat significatif précis. Seuls, les résultats globaux sont considérés et il aurait mieux valu préciser les pourcentages des réussites.

Voici en quelques termes les condensés des conclusions données :

 1  -->Parmi tous ces essais trapeutiques, on est dabord frappé, et cest une constante dans toutes les études, par le fait que tous les patients sont améliorés quels que soient les traitement proposés, placebo compris, ce qui conforte le fait que l’accompagnement psycho-social reste la base du traitement des conduites addictives.

2 -->Les études sur des populations plus grandes doivent confirmer les premiers résultats qui sembleraient prometteurs.

 

3 -->Sur la consommation, les résultats restent modestes mettant en évidence une diminution limitée de celle-ci.

 

4 -->On peut aussi espérer des modalités de prescription différentes comme la prescription à la demande avec le nalmefène.

 

Dautres perspectives intéressantes peuvent être soulignées. Il en va ainsi de la recherche de profils de patients particuliers. Il paraît ainsi nécessaire de poursuivre les travaux préliminaires à la recherche de sous-groupes de patients répondant mieux à telle ou telle molécule à partir de données psychosociales (âge de début de l’alcoolisme, comorbidités psychiatriques associées, binge drinking) et surtout biologiques (génétiques), neurocognitives ou de neuroimagerie.

Compte-tenu du faible nombre actuel de médicaments disponibles dans cette pathologie, saluons tout de même l’engagement de certains laboratoires pharmaceutiques dans le développement de nouvelles approches.

 

Conflits d’intérêts :

F. PAILLE : a participé comme investigateur à l’étude ESENSE 2 (nalméfène) (Laboratoire Lundbeck)

HJ AUBIN : Coordonateur pour la France de l’étude ESENSE 2 (Laboratoire Lundbeck). Participation prévue à une étude européenne sur l’oxybate de sodium (laboratoire D&A pharma)

 

L'ASSOCIATION (Croix Bleue Normandie)
  Nous sommes les seuls à refuser clairement l'utilisation régulière des pilules miracles pour régler les problèmes d'alcool. Puisque cette maladie est de façon très importante une affaire psychologique, il est indispensable que le patient soit "lucide" pour faire les efforts nécessaires.  
C'est un lieu d'écoute et d'échanges. La régularité des réunions fait que le suivi est beaucoup plus important qu'une séance mensuelle fait pourtant par un spécialiste. Au début de la thérapie, un mois ou même deux semaines c'est long et même trop long. Appeler l'association est possible tous les jours. Ce n'est pas le cas des autres structures (hôpitaux, maison des addictions et autres). Dans les situations difficiles, une intervention rapide est toujours faite.
  Nous sommes capable de montrer des expériences de vie (échec ou réussite) et généralement les nouveaux venus peuvent voir des personnes qui ont réussi, ce qui n'est pas le cas des groupes de paroles hospitaliers où il n'y a que des personnes qui sortent des cures (ce qui est normal d'ailleurs) Dans ces remarques, nous ne voulons pas nous substituer au médical mais assurons que nous sommes un complément pour assurer l'abstinence de façon pérenne.

Nous avons remarqué que les rechutes après la cure sont beaucoup plus nombreuses lorsqu'il n'y pas de suite avec une association.

     

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